Добавить в цитаты Настройки чтения

Страница 24 из 77

Autour de cet îlot silencieux, Paris s’agitait dans les grandes fêtes permanentes des VII esjeux Olympiques et dans les soubresauts d’un gouvernement en ébullition qui allait entraîner dans sa chute jusqu’au président de la République, Alexandre Millerand. Et cela dura ainsi jusqu’au matin du quatrième jour où Marie-Angéline revint de la messe en courant : lady Ferrals et l’oncle Boleslas quitteraient Paris le lendemain soir à bord de l’Arlberg – Express. Aussitôt, un coup de téléphone dépêcha Vidal-Pellicorne chez Cook pour y retenir le sleeping de « Plan-Crépin ». Comme on ne savait pas où le couple comptait descendre, il jugea prudent de prendre le billet jusqu’à Vie

Encore qu’Adalbert doutât que, si l’oncle Boleslas était bien feu Solmanski, il oserait franchir la frontière autrichie

– Sous un déguisement et avec de faux papiers ? Pourquoi pas ? dit Aldo. Notre ami Schindler a dû apprendre le suicide et ne doit pas user son temps assis près du poteau-frontière. Une chose est certaine : elle ne l’emmène pas chez moi. Comme le couple n’a aucune raison de se croire épié, il aurait pris le Simplon…

Le lendemain soir, Marie-Angéline ravie de l’escapade et du rôle qu’on lui faisait jouer s’embarquait dans le même wagon-lit. Et l’attente recommença.

Une attente un peu angoissée pour Morosini, inquiet à la pensée que son émissaire risquait une fois de plus de ne pas fermer l’œil de la nuit, mais tante Amélie le rassura :

– Tu sais que Marie-Angéline apprend toujours tout ce qu’elle veut savoir : je parie qu’une demi-heure après le départ du train, elle découvrira la destination de nos gens.

Le lendemain matin, en effet, un coup de téléphone de Zurich éclairait la situation : les voyageurs s’étaient installés dans le meilleur hôtel de la ville, le Baur-au-Lac, et naturellement, Plan-Crépin en avait fait autant. Elle put préciser à ses correspondants qu’Anielka était inscrite sous son nom de princesse Morosini et l’oncle sous celui de baron Solmanski.

– Qu’est-ce que je fais maintenant ? demanda-t-elle.

– Vous attendez.

– Pendant combien de temps ?

– Jusqu’à ce qu’il se passe quelque chose. Si cela devait durer trop longtemps, on enverrait quelqu’un vous relayer. De toute façon, c’est peut-être ce qu’on va faire. Il ne faudrait pas que vous soyez repérée, décréta Morosini.

Le soir même, Romuald, le jumeau de Théobald, le valet à tout faire de Vidal-Pellicorne, s’embarquait à son tour pour la Suisse. Il co

Deux jours plus tard, celle-ci était de retour avec d’autres nouvelles : la jeune femme était repartie pour Venise, laissant l’oncle Boleslas achever de rétablir sa santé sous l’œil vigilant d’un Romuald bien décidé à ne pas le lâcher d’une semelle.

– Elle est repartie seule ? demanda Aldo.

– Bien sûr. Enfin, je veux dire avec Wanda…

– Dans ce cas, je vais rentrer moi aussi. Il est grand temps que j’aille voir ce qui se passe chez moi.

– Comptes-tu mettre en train ta demande d’a

– C’est la première chose dont je vais m’occuper. Dès mon retour, je demanderai audience au patriarche de Venise[iii].

– Si la vieille mécréante que je suis prie pour toi, cela devrait t’aider, dit Mme de Sommières en l’embrassant, ce qui était la marque, chez elle, d’une émotion extraordinaire.

Nanti d’une foule de recommandations, Aldo reprit le chemin de Venise, via le Simplon-Orient-Express. Il avait fait promettre à Adalbert de lui do

CHAPITRE 5 RENCONTRES…

La femme qu’Aldo retrouva en face de lui, de l’autre côté de la table du déjeuner, n’avait pas grand-chose à voir avec l’affriolante créature en robe rose scintillante qu’il avait vue sortir du salon Ferrals en tenant John Sutton par la main. En grand deuil et sans la moindre trace de maquillage, elle ressemblait à la priso

– Je ne doute pas que ces messieurs vous aient exprimé la part qu’ils pre

– Merci. C’est gentil de me le faire savoir.

– C’est la moindre des choses mais… je suis un peu surpris de vous voir ici. N’avez-vous pas accompagné votre père jusqu’à Varsovie ?

– Non. Mon frère n’y tenait pas et, en ce qui me concerne, je n’avais aucune envie de retourner là-bas. Vous semblez oublier que je n’y serais pas en sécurité…

– En Angleterre non plus vous n’êtes guère en sûreté. Pourtant vous y êtes allée, j’imagine ?

– Non. Je suis restée à Paris où je pensais attendre… des nouvelles du procès. Là-bas, avec la meute des journalistes, c’eût été insupportable.

– Et à Paris ? Ces messieurs de la presse ne vous ont pas dépistée ?

– En aucune façon. Wanda et moi sommes descendues chez une Américaine, une cousine de ma belle-sœur. Je devrais dire… notre belle-sœur, ajouta la jeune femme avec un mince sourire.

– Ne vous excusez pas : je n’ai pas l’esprit de famille…

– Et vous-même, ce voyage en Espagne ?

– Fort agréable… J’ai vu de très belles choses. Aldo saisit la balle au bond pour introduire Guy dans la conversation en évoquant pour lui les « belles choses » en question, sans bien sûr faire la moindre mention du portrait volé. Il était temps qu’une autre voix s’introduise dans cet échange à fleurets mouchetés s’il voulait préserver encore un peu son sang-froid en face de ce qu’il savait être une accumulation de mensonges. Ce n’était pas la première fois qu’il soupço

Ce fut sans doute ce qui le décida à ne plus différer les premières démarches en vue de l’a

Franchies les deux colo

Comme d’habitude, il y avait foule. L’approche de l’été multipliait les touristes qui, petit à petit, allaient envahir Venise et la rendre moins vivable. Chrétien peu pratiquant mais profondément croyant, Aldo alla rendre ses devoirs au Maître de la maison en une courte prière avant de se mettre à la recherche du padre Gherardi qui avait béni son invraisemblable mariage.