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Mais elle ne nous pardo

Elle mourut aux approches du printemps, en ville, une nuit. Sophie Oxe dont la porte était ouverte n’avait rien entendu. Lorsqu’on trouva Mme Margarete Brigge au matin, elle était froide comme du verre.

Aussitôt après commença la grande et terrible maladie du chambellan. C’était comme s’il avait attendu la fin de sa femme pour mourir sans égards, avec autant de violence qu’il était nécessaire.

*

C’est en l’a

D’ailleurs, Abelone avait une qualité: elle chantait. C’est-à-dire qu’il y avait des périodes durant lesquelles elle chantait. Il y avait en elle une musique forte et immuable. S’il est vrai que les anges sont mâles, on peut dire qu’il y avait un accent mâle dans sa voix: une virilité rayo

Tout d’abord nos rapports se bornèrent à ceci qu’elle me parlait de l’enfance de maman. Elle tenait beaucoup à me persuader combien courageuse et jeune maman avait été. Il n’y avait perso

Je fus curieux de savoir pourquoi Abelone ne s’était pas mariée. Elle me paraissait âgée relativement, et qu’elle pût encore épouser quelqu’un, c’est à quoi je ne songeai pas.

«Il n’y avait perso

Il n’y avait rien du tout de convenu entre nous, mais lorsque la voiture vira pour entrer dans le parc, je ne pus m’empêcher de descendre, peut-être seulement parce que je ne voulais pas arriver en voiture, comme n’importe quel étranger. Nous étions déjà en plein été. Je pris l’un des chemins, et courus vers un cytise. Et voici qu’Abelone était là. Belle, ô belle Abelone!

Je n’oublierai jamais comment ce fut lorsque tu me regardas alors. Comme tu portais ton regard, pareil à une chose qui ne serait pas fixée, le retenant sur ton visage incliné en arrière.

Ah, le climat n’a-t-il donc pas du tout changé, ne s’est-il pas adouci autour d’Ulsgaard, de toute notre chaleur? Certaines roses depuis lors ne fleurissent-elles pas plus longtemps, dans le parc jusqu’en plein décembre?

Je ne veux rien raconter de toi, Abelone. Non parce que nous nous trompions l’un l’autre: parce que tu en aimais un, encore en ce temps-là, que tu n’as jamais oublié, aimante, et moi, toutes les femmes; mais parce que à dire les choses on ne peut que faire du mal.

*

Il y a ici des tapisseries, Abelone, des tapisseries. Je me figure que tu es là; il y a six tapisseries; viens, passons lentement devant elles. Mais d’abord fais un pas en arrière et regarde-les, toutes à la fois. Comme elles sont tranquilles, n’est-ce pas? Il y a peu de variété en elles. Voici toujours cette île bleue et ovale, flottant sur le fond discrètement rouge, qui est fleuri et habité par de petites bêtes tout occupées d’elles-mêmes. Là seulement, dans le dernier tapis, l’île monte un peu, comme si elle était devenue plus légère. Elle porte toujours une forme, une femme, en vêtements différents, mais toujours la même. Parfois il y a à côté d’elle une figure plus petite, une suivante, et il y a toujours des animaux héraldiques: grands, qui sont sur l’île, qui font partie de l’action. À gauche un lion, et à droite, en clair, la licorne; ils portent les mêmes ba

Elle nourrit un faucon. Vois son vêtement somptueux! L’oiseau est sur sa main gantée, et bouge. Elle le regarde et en même temps pour lui tendre quelque chose, plonge la main dans une coupe que la domestique lui apporte. À droite, en bas, sur sa traîne, se tient un petit chien, au poil soyeux, qui lève la tête et espère qu’on se souviendra de lui. Et, – as-tu vu? – une roseraie basse enclôt l’île par derrière. Les animaux se dressent avec un orgueil héraldique. Les armes de leur maîtresse se répètent sur leurs mantelets qu’une belle agrafe retient. Et flottent.

Ne s’approche-t-on pas malgré soi plus silencieusement de l’autre tapisserie, dès qu’on a vu combien la femme est plus profondément absorbée en elle-même? Elle tresse une couro