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IX

Germaine, dans la période qui suivit, alla plus fréquemment rendre visite à Mme Jea

Germaine aimait bien Sylvain. Il lui do

Enfin, un après-midi, juste en entrant dans la maison de Mme Jea

Lourges aussi avait gardé de sa rencontre avec Germaine un souvenir vivace. Elle lui avait fait impression. Il la trouvait jolie femme. Et il eût aimé paraître devant elle sous son jour le plus favorable. Ses débuts, malheureusement, avaient été gâtés par cette stupide provocation, adressée imprudemment au mari, et qui avait abouti à la déconfiture du douanier. Lourges en avait gardé une solide rancune contre ce Sylvain.

D’autres incidents, dans cette soirée, la camaraderie suspecte de Sylvain avec César, et surtout cette rencontre fortuite, quelques jours après, avaient éveillé la méfiance du douanier. Il était sûr d’avoir reco

Lourges avait réfléchi. Et il s’était dit que la meilleure façon d’obtenir des renseignements sur le compte de Sylvain, c’était encore de s’adresser à M. Henri, qui paraissait en excellents termes avec ses clients, mais qui ne refuserait pas à son ami Lourges, pour bien des raisons, ce petit service.

C’est ainsi que Lourges, ce jour-là, passa par la maison de Mme Jea

Il eut peine, en voyant Germaine dans le café, à cacher sa satisfaction intérieure. Il resta froid, cependant, s’approcha du comptoir, et la salua avec une civilité affectée. Et, avec son coup d’œil d’homme à femmes, il comprit que Germaine était troublée et contente à la fois de le revoir.

«Ça va? demanda-t-il.

– Mais oui, dit M. Henri.

– Affaires calmes?

– Toujours, dans la journée. Mais on ne s’en plaint pas. Ça repose un peu la tête.»

Et M. Henri passa la main sur son front comme un homme accablé de souci.

«Et vous? continua-t-il. Ça gaze aussi?

– Couci-couça. Aujourd’hui, j’ai congé. Et je me suis dit: je m’en vais passer une heure chez cette brave Jea

– Oui, c’est une bo

– Tenez, on va boire une bouteille, tous ensemble. J’ai envie de ne pas m’embêter.

– Jea

Germaine, pendant cette conversation, se taisait. Elle ne savait quelle attitude prendre. Lourges la regardait en parlant, semblait s’adresser à elle, mais sans qu’elle trouvât une occasion favorable pour répondre. Elle fut embarrassée quand M. Henri parla de passer au salon. Elle ne savait si l’invitation la concernait aussi. Mais Lourges la devinait. Et il osa demander:

«Madame vient avec nous, naturellement?

– Mais…

– Fais pas de manières, Germaine, dit M. Henri. Un bon verre, ça ne se refuse pas.»

Et il courut à la cuisine, il invita aussi sa femme, qui venait d’apporter le champagne de la cave. Car il aimait que Jea

Dans la petite pièce, meublée de fauteuils rouges, d’un guéridon à dessus de marbre, et d’un piano dont Mme Jea

Lourges sentait sur lui ce regard. Il croyait être écouté, et cela lui do

M. Henri, lui aussi, flairait bien quelque chose. Pour tout ce qui touchait à son commerce, il avait une clairvoyance éto