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À la brune, je m'engageai dans une vallée transversale qui, d'après mes souvenirs de la carte, menait vers une partie déserte de la montagne. Bientôt les villages se raréfièrent, puis les fermes, et puis même les dernières cabanes. À la fin, nous atteignîmes une lande solitaire où la nuit obscurcissait peu à peu le couchant reflété par les mares fangeuses. En ce lieu nous fîmes halte, je tournai obligeamment la voiture, et restituai ses effets à Mr Jopley.
– Mille remerciements, lui dis-je. Vous êtes plus utile que je ne le croyais. Maintenant, filez prévenir la police.
Je m'assis sur le versant de la hauteur, et tout en regardant décroître les feux arrière, je réfléchis aux divers genres de crimes que j'avais déjà collectio
6 L'aventure de l’archéologue chauve
Je passai la nuit à l'abri d'un rocher sur une terrasse du versant de montagne où la bruyère poussait molle et fournie. Gîte plutôt froid, car je n'avais ni veste ni gilet. Ceux-ci se trouvaient sous la garde de Mr Turnbull, comme le petit calepin noir de Scudder, ma montre et – le pis de tout – ma pipe et ma blague à tabac. Seul mon argent m'accompagnait dans ma ceinture, avec une bo
Je soupai d'une moitié de ces gâteaux, et en m'insinuant profondément dans la bruyère, je réussis à me réchauffer un peu. J'avais repris courage, et commençais à goûter cette folle partie de cache-cache. Jusque-là, une chance miraculeuse m'avait favorisé. Le laitier, l'aubergiste lettré, sir Harry, le canto
Mon principal tourment était une faim abominable. Quand un Juif de la City se tire un coup de revolver et qu'on fait une enquête, les journaux racontent toujours que le défunt avait «mangé un repas copieux». Je me fis la réflexion qu'on n'en dirait pas autant de moi, si je me cassais le cou dans un trou de marais. Je me mettais à la torture – car les gâteaux de pain d'épices ne faisaient qu'accentuer ma pénible vacuité – avec les réminiscences de toutes les bo
Je m'éveillai une heure avant l'aube, tout roidi et glacé. Il me fallut un moment pour me rappeler ma situation, car je m'étais endormi très fatigué et d'un sommeil pesant. Je vis d'abord le pâle ciel bleu à travers un lacis de bruyère, puis un grand pan de montagne, et enfin mes propres bottines correctement disposées dans un buisson de ronce. Je me dressai sur les coudes et jetai un coup d'œil dans la vallée, et ce simple coup d'œil me fit lacer mes bottines en toute hâte.
Car il y avait des hommes là-bas, à moins d'un quart de mille, égaillés en éventail sur le versant de la hauteur, en train de battre la bruyère. Marmie n'avait pas été long à chercher sa vengeance.
Je quittai ma terrasse en rampant et me dissimulai derrière un rocher; puis de là je gagnai une crevasse peu profonde qui coupait en biais le flanc de la montagne. Cette crevasse me conduisit bientôt dans l'étroite gorge d'un torrent, par laquelle je me hissai jusqu'au sommet de l'arête. De là, je regardai en arrière, et vis que l'on ne m'avait pas encore aperçu. Mes e
Caché derrière la ligne d'horizon, je courus, l'espace peut-être d'un demi-mille, jusqu'au moment où je m'estimai parvenu à hauteur de l'extrémité supérieure du ravin. Alors je me montrai, et fus découvert à l'instant par l'un des rabatteurs, qui avertit ses collègues. J'entendis s'élever des appels, et vis la ligne de recherche modifier sa direction. Je fis semblant de battre en retraite au long de la crête, mais en réalité je revins sur mes pas, et en vingt minutes je fus de retour derrière l'arête dominant l'endroit où j'avais dormi. De ce poste, j'eus la satisfaction de voir la poursuite, complètement égarée sur une fausse piste, refluer sur la montagne jusqu'au plus haut du ravin.
J'avais devant moi tout un choix de chemins, et je me décidai pour une arête qui faisait un angle avec celle où j'étais, et qui par conséquent mettrait bientôt un profond ravin entre moi et mes e
Je co
Mon stratagème m'avait procuré une bo
Mais le jeu ne tarda point à dégénérer. Ces gars derrière moi, des hommes robustes, étaient sur leur bruyère natale. En me retournant, je vis que trois seulement venaient sur moi en droite ligne, et je supposai que les autres faisaient un détour afin de me couper le chemin. Mon défaut de co