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– Votre papier les a grouillés, dit-il en riant. Le brun est devenu pâle comme la mort et a juré des milliards de dieux, et le gros a sifflé et tiré une sale tête. Ils m'ont do
– Voilà maintenant ce que vous allez faire, dis-je. Prenez votre moto et filez à Newton-Stewart trouver le commissaire principal. Do
Il s'en alla, docile comme un enfant, tandis que je piochais les notes de Scudder. À son retour nous dînâmes ensemble, et je ne pus moins faire que de me laisser interroger. Tout en le documentant copieusement sur la chasse au lion et la guerre des Matabélés, je songeais quelle affaire anodine représentaient ces aventures en comparaison de celle où je me trouvais englobé à cette heure. Quand il partit se coucher, je restai levé pour en terminer avec Scudder. Il me fut impossible de dormir, et je restai jusqu'au jour dans un fauteuil, à fumer des pipes.
Vers 8 heures du matin, j'assistai à l'arrivée de deux agents et d'un brigadier. Sous la direction de l'aubergiste, ils garèrent leur auto dans une remise, et entrèrent dans la maison. Vingt minutes plus tard, je vis de ma fenêtre une seconde voiture arriver sur le plateau, de la direction opposée. Au lieu de s'arrêter à l'auberge, elle stoppa deux cents mètres plus loin, à l'ombre d'un boqueteau. Je remarquai que ses occupants prirent soin de la tourner avant de la quitter. Au bout de deux minutes, j'entendis leurs pas grincer sur le cailloutis, au-dessous de ma fenêtre.
Je m'étais proposé de rester caché dans ma chambre en attendant les événements. Je me disais que, si je pouvais mettre aux prises la police et mes autres persécuteurs plus redoutables, il en sortirait peut-être quelque chose d'avantageux pour moi. Mais il me vint alors une meilleure inspiration. Je griffo
Presque tout de suite la route dévala de telle sorte que je perdis de vue l'auberge, mais le vent m'apporta les éclats de voix furieuses.
4 L'aventure du candidat radical
Me voici donc, par ce radieux matin de mai, faisant do
Le petit bonhomme m'avait raconté un tas de bourdes. Tous ses contes au sujet des Balkans et des juifs-anarchistes et de la conférence du Foreign Office étaient simple fumisterie, de même pour Karolidès. Pas tout à fait cependant, comme on va le voir. J'avais accordé une foi entière à son histoire, et il m'avait mis dedans: son calepin me do
Pourquoi, je l'ignore. Cela so
Les notes renfermaient l'histoire complète – avec des lacunes, bien entendu, qu'il comptait remplir de mémoire. Il désignait ses sources, d'ailleurs, et par une manie singulière leur attribuait à toutes des valeurs numériques, dont il faisait la somme, laquelle correspondait au degré de crédibilité de chaque développement de l'histoire. Les quatre noms inscrits en caractères ordinaires étaient ses références, et il y avait encore un certain Ducrosne qui obtenait cinq sur un maximum possible de cinq; et un autre qui arrivait à trois. Le calepin renfermait toutes les do
La première chose que j'appris fut qu'il ne pouvait être question d'empêcher la guerre. Celle-ci viendrait, aussi sûrement que la fête de Noël: on l'avait décidée, affirmait Scudder, déjà depuis février 1912. Elle éclaterait à l'occasion de Karolidès. Son compte était réglé d'avance, et on l'enverrait ad patres le 14 juin, deux semaines et quatre jours après ce matin de mai. Je conclus des notes de Scudder que rien au monde ne pouvait l'empêcher. Son histoire de gardes épirotes qui tueraient père et mère était une vaste galéjade.
En second lieu, cette guerre serait une surprise complète pour l'Angleterre. La mort de Karolidès mettrait les Balkans en feu, sur quoi Vie
Mais tout cela dépendait d'une troisième chose, qui devait arriver le 15 juin. Je n'y aurais jamais rien compris s'il ne m'était arrivé jadis de faire la co