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«- Ah! fis-je en me retournant brusquement, comme si je me rappelais tout à coup quelque chose et en fouillant dans la poche de ma veste, voici une lettre que votre patron m’a dit de vous remettre pour que vous la portiez à son adresse, tout de suite, sans perdre une minute… il paraît que c’est très pressé… Allez vite… Je n’ai pas voulu m’en charger moi-même, parce que cela me fait un trop long détour… Allez vite, vous dis-je… ou M. Bréhat-Lenoir sera furieux!»

«Je le poussai par les épaules, et il dégringola les escaliers en deux bonds.

«Je commençai par aller à la fenêtre, pour voir si, en cas de danger, je pourrais exécuter par là ma retraite. Mais la fenêtre était garnie de grilles solides. Je ne pouvais pas compter sur cette planche de salut.

«Ensuite, je froissai entre mes mains le papier qui était censé représenter l’enveloppe d’un paquet et je le jetai dans le feu, puis j’allai m’étendre sous le lit, attendant l’heure favorable.

«M. Bréhat-Lenoir se coucha à neuf heures. Je l’entendis gronder Guérin pour avoir osé pénétrer dans sa chambre malgré sa défense. Celui-ci balbutia une excuse dans laquelle les mots lettre, paquet revenaient souvent. Mais comme le banquier n’avait do

«Une heure plus tard, M. Bréhat-Lenoir recevait cette terrible blessure dont vous co

«Lorsqu’il fut mort, je sortis de ma cachette et me mis à travailler le secrétaire.

«Je le forçai de manière à laisser des traces visibles de mes recherches. Je voulais qu’on crût à un vol.

«Dans le tiroir le plus secret, je trouvai le testament, que je brûlai à l’instant même. Puis je jetai quelques grains d’arsenic dans la tasse qui était posée sur la table et me remis sous le lit.

«Vous voyez que mon plan était habilement conçu!

«Vous co

«- Votre récit n’est pas tout à fait exact, dis-je lorsque le prévenu eut fini de raconter ses exploits, et je vais prendre la liberté de le compléter.»

«Il fit un mouvement de surprise et me lança un regard où je crus voir quelque inquiétude.

«- Certainement, repris-je. Vous avez oublié de nous dire que, craignant d’être remarqué, vous êtes entré le soir et sorti le matin de l’hôtel, non par la porte qui do

«- J’ai dit à la justice que je ne lui cacherais rien, et je ne lui ai rien caché, répondit le prévenu d’un air sombre.

«- Hormis le nom d’un de vos complices, Petit-Poignard, qui vous a hébergé chez lui et vous a do

«Le bandit me regarda d’un air profondément surpris.

«- Tenez, continuai-je en lui mettant sous les yeux le fragment de lettre trouvé derrière sa malle par M. Prosper, reco

«- Mais vous êtes donc sorcier! s’écria Boulet-Rouge en devenant livide. Qui vous a remis ce papier? Je l’ai cherché pendant des heures et je croyais l’avoir brûlé… Comment est-il tombé entre vos mains, et ensuite comment avez-vous fait pour le déchiffrer?

«- Les rébus les plus difficiles se devinent toujours répondis-je. Vous auriez dû au moins avoir la précaution de changer vos signes. La clef en a été trouvée, il y a dix ans, par V…, qui a fait arrêter vos premiers complices.

«- J’ai donc décidément un sort contre moi! murmura Boulet-Rouge d’une voix sourde.

«J’écrivais à un ancien, reprit-il en se tournant vers moi, – comme s’il eût senti le besoin de se justifier du reproche de maladresse que je lui avais adressé, – j’ai été forcé d’employer mes vieux signes. On a frappé à ma porte au moment où j’achevais ma lettre, et j’ai oublié ce chiffon de papier… Je crois même être certain de l’avoir jeté au feu. Comment donc avez-vous fait pour le trouver?»

«La suite de l’interrogatoire ne fit que confirmer toutes mes conjectures et ne révéla plus rien que vous ne sachiez déjà.

«Il faut que j’ajoute cependant qu’Yvo

CHAPITRE XII ÉPILOGUE

Ici se termine le récit de Maximilien Heller.

Les pages suivantes paraîtront peut-être de peu d’intérêt aux perso

C’est ce que nous allons essayer de dire en peu de mots:

Dès qu’il fut rentré à Paris, M. Heller m’envoya un mot pour m’a

On conçoit facilement avec quel empressement je me rendis à son invitation. Deux heures après avoir reçu cette lettre, je montais les six étages de la haute maison de la butte Saint-Roch, au sommet de laquelle était juchée la mansarde du philosophe.

Le jour commençait à tomber. Je trouvai Maximilien Heller exactement dans la même attitude que le fameux soir où, un mois auparavant, je lui avais fait ma première visite.

Il était renversé dans son grand fauteuil, devant la cheminée où mouraient deux tisons. Une bougie brûlait derrière lui sur la table. Seul son chat manquait pour compléter la mise en scène. Il avait sans doute profité de l’absence de Maximilien pour chercher un maître plus gracieux et un logis plus confortable.

Mes premières paroles furent naturellement pour féliciter le philosophe du courage merveilleux dont il venait de do