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Vers quinze heures, il vit Juliette rentrer en courant chez elle, se protégeant de la flotte sous un carton, puis Mathias, la suivant de près, qui, tête nue, se dirigeait à pas lents vers la maison. Souvent, il allait aider Juliette le lundi à faire le ravitaillement du To
– Qu'est-ce que tu fais à ta fenêtre? demanda-t-il.
– Je suis en mission, répondit Marc d'un ton las. Le commissaire m'a chargé de surveiller l'événement. Alors je surveille.
– Ah oui? Quel événement?
– Ça, on ne sait pas. Inutile de te dire que d'événement, il ne s'en produit aucun. Ils ont trouvé deux cheveux de Sophia dans le coffre de la voiture empruntée par Lex.
– Emmerdant.
– Tu peux le dire. Mais ça fait rigoler le parrain. Tiens, voilà le facteur.
– Tu veux que je te relaie?
– Je te remercie. Je m'habitue. Je suis le seul à ne rien faire ici. Autant que j'aie une mission, aussi imbécile soit-elle.
Mathias empocha la gomme et Marc resta à son poste. Des dames, des parapluies. La sortie des écoles. Alexandra passa avec le petit Cyrille. Sans un regard vers leur baraque. Et pourquoi aurait-elle regardé?
Pierre Relivaux gara sa voiture un peu avant six heures. On avait dû lui examiner sa bagnole à lui aussi. Il claqua fort la grille de son jardin. Les interrogatoires ne mettent perso
Un après-midi de foutu. Pas d'événement, pas d'incident mineur, pas la moindre fiente de pigeon, rien.
Marc descendit faire son rapport au parrain qui préparait un feu pour se sécher.
– Rien, dit-il. Je me suis ankylosé cinq heures à regarder le néant. Et toi? Les interrogatoires?
– Legue
– Et pourquoi rigoles-tu?
– Tactique, jeune Vandoosler, tactique. Pauvre Legue
– Une de mi-douzaine? Il y a eu des prétendants?
– C'est-à-dire que j'ai fait valoir à Legue
Le feu prenait avec grand bruit dans la cheminée et Marc avait toujours aimé ce bref moment d'embrase-ment désordo
– Formidable, dit Marc, soupço
Vandoosler poussa un soupir.
– Je vois, dit Marc. Tu as forcé sa porte pendant son absence. Tu vas nous attirer des emmerdements.
– Tu as bien piqué le lièvre, l'autre jour, répondit Vandoosler. On a du mal à perdre ses habitudes. Je voulais voir. J'ai cherché un peu de tout. Des lettres, des relevés de compte, des clefs… Il est prudent ce Relivaux. Pas de papier compromettant chez lui.
– Comment as-tu fait pour les clefs?
– Au plus simple. Derrière le tome C du Grand Larousse du XIXe siècle. Une merveille, ce dictio
– Pourquoi ne pas les jeter alors?
– Dans ces moments troublés, il peut être utile de pouvoir disposer d'une voiture dont on n'a soi-disant pas les clefs. Quant à sa propre voiture, elle a été examinée. Rien à dire.
– Sa maîtresse?
– Pas très résistante aux attaques de Legue
– Et tes autres suspects?
– J'ai bien entendu chargé la belle-mère de Sophia et son fils. Ils se soutie
– Ça ne nous fait pas la demi-douzaine, dit Marc. Qui d'autre as-tu lancé dans les pattes de Legue
– Eh bien, Saint Luc, Saint Matthieu et toi. Ça l'occupera.
Marc se dressa d'un bond tandis que Lucien souriait.
– Nous? Mais tu es dingue!
– Tu veux aider la petite, oui ou merde?
– C'est merde! Et ça n'aidera pas Alexandra! Comment veux-tu que Legue
– Très facile, intervint Lucien. Voilà trois hommes de trente-cinq ans à la dérive dans une baraque chaotique. Bien. Autant dire des voisins peu recommanda-bles. L'un de ces trois types a emmené la dame en promenade, l'a violée avec sauvagerie et l'a tuée pour qu'elle se taise.
– Et la carte qu'elle a reçue? cria Marc. La carte avec l'étoile et le rendez-vous? C'est nous peut-être?