Добавить в цитаты Настройки чтения

Страница 119 из 137

Il en savait comme cela des centaines. Ah! c’était un fameux compagnon que M. et madame Bélisaire allaient avoir là! Quelles délicieuses soirées on passerait rue des Panoyaux! En attendant, les garçons s’étaient sans doute aperçu des soustractions opérées par les doigts crochus de la tribu Bélisaire, car en un tour de la main la table fut desservie, démontée, escamotée. C’était fini! Les convives se regardèrent consternés. Au-dessus d’eux, autour d’eux, retentissait une bacchanale effroyable. On dansait, on chantait, les planchers étaient secoués en mesure, fortement, «Et si nous dansions, nous aussi!» Oui, mais cela coûte cher, la musique. Quelqu’un proposa de se servir de celle qui venait de tous côtés. Malheureusement les quadrilles, les polkas, les varsovie

– Ah! si l’on avait un piano! soupirait Ida de Barancy faisant voltiger ses doigts sur tous les meubles comme si elle avait su jouer. Madame Bélisaire aurait bien voulu danser également, mais elle avait défendu à son mari toute dépense supplémentaire, ce qui n’empêcha pas le camelot de disparaître un moment avec son camarade et de revenir cinq minutes après, accompagné d’une espèce de ménétrier de village qui s’installa sur une petite estrade improvisée, un litre entre ses jambes, son violon solidement appuyé sur son bras, et en avant la musique, jusqu’à demain matin, si vous voulez! Ce violoneux rustique qui criait: «En place pour la pastourelle!» avec un fort accent berrichon, la précaution que prenaient les femmes d’entourer leur taille d’un mouchoir enroulé pour la préserver des mains des danseurs, les pas de bourrées que madame Bélisaire mêlait à toutes les figures du quadrille, mettaient dans le salon de guinguette à rosaces d’or un parfum de fête champêtre. C’était bien la banlieue, cette ligne intermédiaire où les traditions campagnardes et les mœurs parisie

La noce de Bélisaire était donc très gaie. Le marié lui-même, heureux d’utiliser ses pieds neufs, brouillait avec enthousiasme toutes les figures de la contre-danse. Dans les salons voisins on écoutait, on disait: «Comme ils s’amusent!» On venait les regarder à la porte entr’ouverte à tous moments par les garçons qui circulaient avec des saladiers de vin sucré. Bientôt, comme il arrive toujours dans ces fêtes, des intrus commencèrent à se glisser parmi les invités dont le nombre s’augmentait d’une manière insolite. Toute cette cohue sautait, criait, buvait surtout prodigieusement, et madame Bélisaire eût été très inquiète si le boulanger, son patron, n’avait déclaré qu’il prenait à son compte tous les frais du bal. Cependant le jour approchait. Depuis longtemps le petit Weber ronflait étendu sur une banquette, entouré du châle-tapis de sa mère. Jack avait déjà fait à Ida bien des signes qu’elle feignait de ne pas comprendre, emportée par le plaisir que sa nature heureuse savait ramasser autour d’elle partout où elle se trouvait. Il ressemblait à un vieux papa cherchant à emmener sa fille d’une soirée:

– Allons! il est tard.

Elle passait, en tournant au bras de n’importe qui:

– Tout de suite… Attends.

Mais le bal prenait une tournure abando

Il ne fallut pas longtemps au nouveau ménage pour s’apercevoir de l’incapacité du Camarade et de la mauvaise affaire qu’on avait faite en le prenant pour associé. Le repas du mariage avait déjà do