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Leurs invités partis, quand Jack et sa mère restèrent seuls, elle fut très éto
– Qu’est-ce que tu vas faire?
– Tu vois, je travaille.
– À quoi donc?
– Mais c’est vrai… Tu ne sais pas encore.
Alors il lui apprit le secret de son cœur, et la double vie qu’il menait, avec quelle splendide espérance au bout. Jusqu’ici il ne lui en avait jamais parlé. Il co
VI LA NOCE DE BÉLISAIRE
Jack était en ménage depuis huit jours à peine, lorsqu’un soir Bélisaire vint l’attendre à la sortie de l’atelier, la figure épanouie.
– Je suis bien content, Jack. Nous avons enfin un camarade. Madame Weber l’a vu, il lui va. C’est une affaire entendue. Nous allons nous marier.
Il était temps. Le malheureux dépérissait, maigrissait, surtout en voyant l’été s’avancer, et que l’arrivée des petits ramoneurs et des marchands de marrons ajournerait encore son bonheur; car pour ce camelot les saisons étaient perso
– Ah ça! je voudrais bien le voir, moi, ce camarade.
– Il est là, dit Bélisaire en lui montrant à quelques pas derrière lui un grand diable en tenue de travail, en manches de chemise, un marteau sur l’épaule, un tablier de cuir roulé sous le bras. La figure remarquable par l’insignifiance de ses traits, endormie, enflammée d’un reflet de bouteille, se cachait à moitié sous une barbe abondante; la barbe embroussaillée, malpropre, décolorée, de cet ancien commensal du Gymnase Moronval que les Ratés appelaient «l’homme qui a lu Proudhon.» Si les ressemblances physiques entraînent des rapports moraux, le nouveau camarade de Bélisaire, appelé Ribarot, ne devait pas être un méchant homme, mais un paresseux, sole
Pendant la quinzaine qui précéda le mariage, de quels joyeux «Chapeaux! chapeaux!» retentirent les cours ouvrières de Ménilmontant, de Belleville, de la Villette! C’était sonore et gai, un vrai réveil de coq triomphant et clair, quelque chose comme l’antique «Hymen! ô Hyménée!» traduit par une bouche ignorante. Enfin, il arriva, le beau jour, le grand jour. En dépit de tout ce que put dire madame Weber, Bélisaire avait tenu à faire les choses grandiosement, et, sur sa longue bourse de laine rouge, les coulants d’acier glissèrent jusqu’aux bords. Aussi quelle noce, que de splendeurs!
Dans la bourgeoisie, en général, on prend un jour pour le mariage à la mairie, un autre pour le mariage à l’église; mais le peuple qui n’a pas de temps à perdre, accumule toutes ces cérémonies, s’en acquitte en une seule fois, et choisit presque toujours le samedi pour cette longue et fatigante corvée dont il se repose le dimanche. Il faut voir les mairies de faubourg dans ce jour consacré. Dès le matin, les fiacres à balcons, les tapissières s’arrêtent à la porte, les couloirs poussiéreux s’emplissent de défilés plus ou moins longs, statio