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– Pourquoi pas?

– Parce qu’à ton compte la reine aurait eu deux cents amoureux.

– Deux cents, trois cents, quatre cents. Elle est assez belle pour cela. Je ne dis pas qu’elle les ait aimés; mais enfin, ils l’ont aimée, elle. Tout le monde voit le soleil, et le soleil ne voit pas tout le monde.

– Alors, tu dis donc que le chevalier de Maison-Rouge…?

– Je dis qu’on le traque un peu en ce moment-ci, et que s’il échappe aux limiers de la République, ce sera un fin renard.

– Et que fait la Commune dans tout cela?

– La Commune va rendre un arrêté par lequel chaque maison, comme un registre ouvert, laissera voir, sur sa façade, le nom des habitants et des habitantes. C’est la réalisation de ce rêve des anciens: Que n’existe-t-il une fenêtre au cœur de l’homme, pour que tout le monde puisse voir ce qui s’y passe!

– Oh! excellente idée! s’écria Maurice.

– De mettre une fenêtre au cœur des hommes?

– Non, mais de mettre une liste à la porte des maisons.

En effet, Maurice songeait que ce lui serait un moyen de retrouver son inco

– N’est-ce pas? dit Lorin. J’ai déjà parlé que cette mesure nous do

– En vérité! répliqua Maurice en riant; et combien étaient-ils?

– Ils étaient trente; ils s’étaient fait raser et avaient des bouquets à la bouto

– Alors…?

– Alors, nous avons fraternisé derechef, et en réitérant, comme dit Diafoirus; on a fait un autel à la patrie avec la table du secrétaire et deux carafes dans lesquelles on a mis des bouquets. Comme tu étais le héros de la fête, on t’a appelé trois fois pour te couro

Comme Lorin achevait ce récit véridique, et qui, à cette époque, n’avait rien de burlesque, on entendit des rumeurs dans la rue, et des tambours, d’abord lointains, puis de plus en plus rapprochés, firent entendre le bruit si commun alors de la générale.

– Qu’est-ce que cela? demanda Maurice.

– C’est la proclamation de l’arrêté de la Commune, dit Lorin.

– Je cours à la section, dit Maurice en sautant à bas de son lit et en appelant son officieux pour le venir habiller.

– Et moi, je rentre me coucher, dit Lorin; je n’ai dormi que deux heures cette nuit, grâce à tes enragés volontaires. Si l’on ne se bat qu’un peu, tu me laisseras dormir; si l’on se bat beaucoup, tu viendras me chercher.

– Pourquoi donc t’es-tu fait si beau? demanda Maurice en jetant un coup d’œil sur Lorin, qui se levait pour se retirer.

– Parce que, pour venir chez toi, je suis forcé de passer rue Béthisy, et que, rue Béthisy, au troisième, il y a une fenêtre qui s’ouvre toujours quand je passe.

– Et tu ne crains pas qu’on te pre

– Un muscadin, moi? Ah bien, oui, je suis co

La République a décrété

Que des Grecs on suivrait les traces;

Et l’autel de la Liberté

Fait pendant à celui des Grâces.

» Ose siffler celui-là, je te dénonce comme aristocrate, et je te fais raser de manière à ce que tu ne portes jamais perruque. Adieu, cher ami.

Lorin tendit cordialement à Maurice une main que le jeune secrétaire serra cordialement, et sortit en ruminant un bouquet à Chloris.

V Quel homme c’était que le citoyen Maurice Lindey

Tandis que Maurice Lindey, après s’être habillé précipitamment, se rend à la section de la rue Lepelletier, dont il est, comme on le sait, secrétaire, essayons de retracer aux yeux du public les antécédents de cet homme, qui s’est produit sur la scène par un de ces élans de cœur, familiers aux puissantes et généreuses natures.

Le jeune homme avait dit la vérité pleine et entière, lorsque la veille, en répondant de l’inco

La Révolution, qui avait suivi de si près ce grand événement, avait donc trouvé Maurice dans toutes les conditions de vigueur et de maturité virile qui convie

Au physique, Maurice Lindey était un homme de cinq pieds huit pouces, âgé de vingt-cinq ou de vingt-six ans, musculeux comme Hercule, beau de cette beauté française qui accuse dans un Franc une race particulière, c’est-à-dire un front pur, des yeux bleus, des cheveux châtains et bouclés, des joues roses et des dents d’ivoire.

Après le portrait de l’homme, la position du citoyen.

Maurice, sinon riche, du moins indépendant, Maurice portant un nom respecté et surtout populaire, Maurice co