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Et à nous, que nous manque-t-il?

Que trouverais-tu ici, sergent, qui t’apportât le sentiment de ne plus trahir ta destinée? Peut-être ce bras fraternel qui souleva ta tête endormie, peut-être ce sourire tendre qui ne plaignait pas, mais partageait? «Eh! camarade…» Plaindre, c’est encore être deux. C’est encore être divisé. Mais il existe une altitude des relations où la reco

Nous avons co

Pourquoi t’aurait-il plaint, sergent, celui qui te préparait pour la mort? Vous preniez ce risque les uns pour les autres. On découvre à cette minute-là cette unité qui n’a plus besoin de langage. J’ai compris ton départ. Si tu étais pauvre à Barcelone, seul peut-être après le travail, si ton corps même n’avait point de refuge, tu éprouvais ici le sentiment de t’accomplir, tu rejoignais l’universel; voici que toi, le paria, tu étais reçu par l’amour.

Je me moque bien de co

III

Liés à nos frères par un but commun et qui se situe en dehors de nous, alors seulement nous respirons et l’expérience nous montre qu’aimer ce n’est point nous regarder l’un l’autre mais regarder ensemble dans la même direction. Il n’est de camarades que s’ils s’unissent dans la même cordée, vers le même sommet en quoi ils se retrouvent. Sinon pourquoi, au siècle même du confort, éprouverions-nous une joie si pleine à partager nos derniers vivres dans le désert? Que valent là contre les prévisions des sociologues? À tous ceux d’entre nous qui ont co

C’est peut-être pourquoi le monde d’aujourd’hui commence à craquer autour de nous. Chacun s’exalte pour des religions qui lui promettent cette plénitude. Tous, sous les mots contradictoires, nous exprimons les mêmes élans. Nous nous divisons sur des méthodes qui sont les fruits de nos raiso

Dès lors, ne nous éto

Si vous aviez objecté à Mermoz, quand il plongeait vers le versant chilien des Andes, avec sa victoire dans le cœur, qu’il se trompait, qu’une lettre de marchand, peut-être, ne valait pas le risque de sa vie, Mermoz eût ri de vous. La vérité, c’est l’homme qui naissait en lui quand il passait les Andes.

Si vous voulez convaincre de l’horreur de la guerre celui qui ne refuse pas la guerre, ne le traitez point de barbare cherchez à le comprendre avant de le juger.

Considérez cet officier du Sud qui commandait, lors de la guerre du Rif, un poste avancé, planté en coin entre deux montagnes dissidentes. Il recevait, un soir, des parlementaires descendus du massif de l’ouest. Et l’on buvait le thé, comme il se doit, quand la fusillade éclata. Les tribus du massif de l’est attaquaient le poste. Au capitaine qui les expulsait pour combattre, les parlementaires e

Mais la veille du jour où, à leur tour, ils se préparent à l’assaillir, ils envoient des ambassadeurs au capitaine:

«L’autre soir, nous t’avons aidé…

– C'est vrai…

– Nous avons brûlé pour toi trois cents cartouches…

– C’est vrai.

– Il serait juste de nous les rendre.»

Et le capitaine, grand seigneur, ne peut exploiter un avantage qu’il tirerait de leur noblesse. Il leur rend les cartouches dont on usera contre lui.

La vérité pour l’homme, c’est ce qui fait de lui un homme. Quand celui-là qui a co

Mais vous aurez également raison de haïr la guerre.

Pour comprendre l’homme et ses besoins, pour le co

Il faut, pour essayer de dégager cet essentiel, oublier un instant les divisions, qui, une fois admises, entraînent tout un Coran de vérités inébranlables et le fanatisme qui en découle. On peut ranger les hommes en hommes de droite et en hommes de gauche, en bossus et en non bossus, en fascistes et en démocrates, et ces distinctions sont inattaquables. Mais la vérité, vous le savez, c’est ce qui simplifie le monde et non ce qui crée le chaos. La vérité, c’est le langage qui dégage l’universel. Newton n’a point «découvert» une loi longtemps dissimulée à la façon d’une solution de rébus, Newton a effectué une opération créatrice. Il a fondé un langage d’homme qui pût exprimer à la fois la chute de la pomme dans un pré ou l’ascension du soleil. La vérité, ce n’est point ce qui se démontre, c’est ce qui simplifie.

À quoi bon discuter les idéologies? Si toutes se démontrent, toutes aussi s’opposent, et de telles discussions font désespérer du salut de l’homme. Alors que l’homme, partout, autour de nous, expose les mêmes besoins.

Nous voulons être délivrés. Celui qui do