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– Et on te l’a do
– À moi? pourquoi pas? Nous n’étions pas des gens déshonorés. Mon père avait été ruiné par un incendie, un peu avant sa mort; il avait même été plus riche qu’Ankoudim Trophimytch. «Des gens sans chemise comme vous devraient être trop heureux d’épouser ma fille!» que le vieil Ankoudim me dit. – «Et votre porte, n’a-t-elle pas été assez barbouillée de goudron?» lui répondis-je. – «Qu’est-ce que tu me racontes? Prouve-moi qu’elle est déshonorée… Tiens, si tu veux, voilà la porte, tu peux t’en aller. Seulement, rends-moi l’argent que je t’ai do
– C’est ça, et puis tu voulais qu’elle comprit ce qui l’attendait…
– Tais-toi, oncle! chez nous, tout de suite après la cérémonie du mariage, on mène les époux dans une chambre à part, tandis que les autres restent à boire en les attendant. On nous laisse seuls avec Akoulka: elle était pâle, sans couleurs aux joues, tout effrayée. Ses cheveux étaient aussi fins, aussi clairs que du lin, – ses yeux très-grands. Presque toujours elle se taisait; on ne l’entendait jamais, on aurait pu croire qu’elle était muette; très-singulière, cette Akoulka. Tu peux te figurer la chose; mon fouet était prêt, sur le lit. – Eh bien! elle était i
– Pas possible!
– Vrai! ho
– Oui, pourquoi?
– Alors je suis descendu du lit et je me suis mis à genoux devant elle, en joignant les mains: – Petite mère, Akoulina Koudimovna! que je lui dis, pardo
– Bien sûr.
– Allons, écoute! le lendemain de mon mariage, je me suis enfui loin de mes hôtes, quoique ivre, et je courais dans la rue en criant: «Qu’il vie
– C’est sûr! remarqua Tchérévine avec flegme, – si on ne les bat pas, elles… L’as-tu trouvée avec son amant?
– Non, à vrai dire, je ne l’ai jamais pincée, fit Chichkof après un silence, en parlant avec effort. – Mais j’étais offensé, très-offensé, parce que tout le monde se moquait de moi. La cause de tout, c’était Philka. – «Ta femme est faite pour que les autres la regardent.» Un jour, il nous invita chez lui, et le voilà qui commence: «- Regardez un peu quelle bo
– À quoi bon la battre? On peut lier les mains d’une femme, mais pas sa langue. Il ne faut pas non plus trop les rosser. Bats-la d’abord, puis fais-lui une morale, et caresse-la ensuite. Une femme est faite pour ça.
Chichkof resta quelques instants silencieux.
– J’étais très-offensé, continua-t-il, – je repris ma vieille habitude, je la battais du matin au soir pour un rien, parce qu’elle ne s’était pas levée comme je l’entendais, parce qu’elle ne marchait pas comme il faut! Si je ne la rossais pas, je m’e