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– …Quand il allait au marché, continuait-il, tout le monde le saluait, l’honorait… un richard, quoi!
– Tu dis qu’il avait un commerce?
– Oui, un commerce! Notre classe marchande est très-pauvre: c’est la misère nue. Les femmes vont à la rivière, et apportent l’eau de très-loin, pour arroser leurs jardins; elles s’éreintent, s’éreintent, et pourtant, quand vient l’automne, elles n’ont même pas de quoi faire une soupe aux choux. Une ruine! Mais celui-là possédait un gros lopin de terre que ses ouvriers – il en avait trois – labouraient; et puis un rucher, dont il vendait le miel; il faisait le commerce du bétail, enfin on le tenait en ho
– Ta femme, n’est-ce pas?
– Attends un moment; Philka Marosof commence alors à faire du tapage. Il dit à Ankoudim: «Partageons, rends-moi mes quatre cents roubles; je ne suis pas ton homme de peine, je ne veux plus trafiquer avec toi et je ne veux pas épouser ton Akoulka. Je veux faire la fête. Maintenant que mes parents sont morts, je boirai tout mon argent, puis je me louerai, c’est-à-dire je m’engagerai comme soldat, et dans dix ans je reviendrai ici feld-maréchal!» Ankoudim lui rendit son argent, tout ce qu’il avait à lui, parce qu’autrefois, ils trafiquaient à capital commun avec le père de Philka, – «Tu es un homme perdu!» qu’il lui dit. – «Que je sois perdu ou non, vieille barbe grise, tu es le plus grand ladre que je co
– Comment oses-tu déshonorer un ho
– Non-seulement je n’épouserai pas ta fille, mais je ferai si bien que perso
Là-dessus, il fit une fière noce, ce gaillard. Ce n’était qu’un cri, qu’une plainte dans toute la ville. Il s’était procuré des compagnons, car il avait une masse d’argent, il ribota pendant trois mois, une noce à tout casser! il liquida tout. «Je veux voir la fin de cet argent, je vendrai la maison, je vendrai tout, et puis je m’engagerai ou bien je vagabonderai!» Il était ivre du matin au soir et se promenait dans une voiture à deux chevaux avec des grelots. C’étaient les filles qui l’aimaient! car il jouait bien du théorbe…
– Alors, c’est vrai qu’il avait eu des affaires avec cette Akoulka?
– Attends donc. Je venais d’enterrer mon père; ma mère cuisait des pains d’épice; on travaillait pour Ankoudim, ça nous do
– Tu avais tort de la battre. C’est un grand péché!
– J’étais quelquefois ivre toute la sainte journée. Nous avions une maison couci couça toute pourrie si tu veux, mais elle nous appartenait. Nous crevions la faim; il y avait des semaines entières où nous mâchions des chiffons… Ma mère m’agonisait de sottises, mais ça m’était bien égal… Je ne quittais pas Philka Marosof, nous étions ensemble nuit et jour. «Joue-moi de la guitare, me disait-il, et moi je resterai couché; je te jetterai de l’argent parce que je suis l’homme le plus riche du monde!» Il ne savait qu’inventer. Seulement il ne prenait rien de ce qui avait été volé. «Je ne suis pas un voleur, je suis un ho
– Elle était donc débauchée!
– Écoute donc ce que je te raconte, petit oncle! Nous ne faisions que nous enivrer avec Philka; un jour que j’étais couché, ma mère arrive et me dit: «- Pourquoi restes-tu couché? canaille, brigand que tu es!» Elle m’injuria tout d’abord, puis elle me dit: «- Épouse Akoulka. Ils seront contents de te la do
[32] Barbouiller la porte cochère de la maison où demeure une jeune fille indique que celle-ci a perdu son i