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Quant au forçat qui jouait le rôle du seigneur, il n’était pas trop mauvais: tout ce qu’il disait n’avait guère de sens et ne ressemblait à rien, mais sa diction était pure et nette, les gestes tout à fait convenables. Pendant que Kedril s’occupe de la valise, son maître se promène en long et en large, et a

– Allons, je suis maintenant mon maître… sans maître…

Tout le monde rit de le voir sans maître; il ajoute, toujours à demi-voix d’un ton de confidence, mais en clignant joyeusement de l’œil:

– Les diables l’ont emporté!…

L’enthousiasme des spectateurs n’a plus de bornes! cette phrase a été prononcée avec une telle coquinerie, avec une grimace si moqueuse et si triomphante, qu’il est impossible de ne pas applaudir. Mais le bonheur de Kedril ne dure pas longtemps. À peine a-t-il pris la bouteille de vin et versé une grande lampée dans un verre qu’il porte à ses lèvres, que les diables revie

Nos décorations étaient très-pauvres. Dans cette pièce comme dans les précédentes, il fallait suppléer par l’imagination à ce qui manquait à la réalité. Au lieu d’une muraille au fond de la scène, ou voyait un tapis ou une couverture; du côté droit, de mauvais paravents, tandis qu’à gauche, la scène qui n’était pas fermée laissait voir les lits de camp. Mais les spectateurs ne sont pas difficiles et consentent à imaginer tout ce qui manque; cela leur est facile, tous les détenus sont de grands rêveurs. Du moment que l’on dit: c’est un jardin, eh bien, c’est un jardin! une chambre, une izba – c’est parfait, il n’y a pas à faire des cérémonies! Sirotkine était charmant en costume féminin. Le meunier achève son travail, prend son bo

[24] Cette danse composée par le célèbre compositeur Glinka, l’auteur de la Vie pour le Tsar, est une des plus entraînantes que nous co