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– Et tu n’es pas mort? demanda naïvement Kobyline. Louka le toisa d’un regard dédaigneux: on éclata de rire.

– Un vrai imbécile…

– Il a du mal dans le grenier, remarqua Louka en ayant l’air de regretter d’avoir daigné parler à un pareil idiot.

– Il est un peu fou! affirma de son côté Vacia.

Bien que Louka eût tué six perso

IX – ISAÏ FOMITCH. – LE BAIN. – LE RÉCIT DE BAKLOUCHINE.

Les fêtes de Noël approchaient. Les forçats les attendaient avec une sorte de sole

– Eh! cher ami, voilà six ans que je t’attends. Regarde un peu, me do

Et il étala devant lui ses haillons.

Isaï Fomitch était d’une timidité si grande, qu’il n’osait pas regarder cette foule railleuse, aux visages mutilés et effrayants, groupée en cercle compacte autour de lui. Il n’avait pu encore prononcer une parole, tant il avait peur. Quand il vit le gage qu’on lui présentait, il tressaillit et il se mit hardiment à palper les haillons. Il s’approcha même de la lumière. Chacun attendait ce qu’il allait dire.

– Eh bien! est-ce que tu ne veux pas me do

– Un rouble d’argent, non! mais bien sept kopeks!

Ce furent les premiers mots prononcés par Isaï Fomitch à la maison de force. Un rire homérique s’éleva parmi les assistants.

– Sept kopeks! Eh bien, do

– Avec trois kopeks d’intérêt, cela fera dix kopeks à me payer, dit le Juif d’une voix saccadée et tremblante, en glissant sa main dans sa poche pour en tirer la somme convenue et en scrutant les forçats d’un regard craintif. Il avait horriblement peur, mais l’envie de conclure une bo

– Hein, trois kopeks d’intérêt… par an?

– Non! pas par an… par mois.

– Tu es diablement chiche! Comme t’appelle-t-on?

– Isaï Fomitz [17].

– Eh bien! Isaï Fomitch, tu iras loin! Adieu.

Le Juif examina encore une fois les guenilles sur lesquelles il venait de prêter sept kopeks, les plia et les fourra soigneusement dans son sac. Les forçats continuaient à se pâmer de rire.

En réalité, tout le monde l’aimait, et bien que presque chaque détenu fût son débiteur, perso

Louka, qui avait co

– Tu vas voir, Juif! je te rouerai de coups.

– Si tu me do

– Maudit galeux!

– Que ze sois galeux tant que tu voudras.

– Juif rogneux.

– Que ze sois rogneux tant qu’il te plaira: galeux, mais risse. Z’ai de l’arzent!

[16] Les bains russes diffèrent totalement des nôtres: ce sont de grandes étuves dans lesquelles on reste soumis à l’action de la vapeur qui débarrasse la peau de toutes les substances grasses qui la couvrent.

[17] Les Juifs russes zézayent presque tous, et sont d’une poltro