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Ici, Zimoveikine salua en effet jusqu’à terre, d’un geste qui n’était pas dépourvu de noblesse. Sémione Ivanovitch voulut poursuivre son discours, mais, cette fois, on ne lui en laissa pas le loisir: ce fut un tollé général de supplications, d’arguments persuasifs, de consolations, tellement qu’il finit par avoir honte et, d’une voix faible, demanda à s’expliquer.

– Très bien, dit-il, c’est entendu: je suis gentil et doux, et vertueux et fidèle, et dévoué; je do

– Sienka! hurla Zimoveikine d’une voix plus forte que le tumulte, tu n’es qu’un libre-penseur et je vais tout raconter. Qu’es-tu donc? Un gueulard, tête de bélier! un imbécile, un faiseur de chahut qui se fera balayer de sa place sans cérémonies! qu’es-tu donc?

– C’est cela même… fit Sémione Ivanovitch.

– Comment cela même? Allez donc causer avec lui!…

– Oui, comment parler avec lui?

– Bien sûr, quand on est libre, on est libre; mais quand on reste au lit…

– Comme un libre-penseur, comme un voltairien… Sienka, tu n’es qu’un libre-penseur, un libre-penseur!

– Assez! cria M. Prohartchine en agitant la main pour demander du silence. Mais comprends, comprends donc, idiot: je suis timide, timide aujourd’hui, timide demain, et puis, un beau jour, je perds ma timidité, je lâche une insolence et va te faire fiche… et je deviens libre-penseur!…

– Mais qu’est-ce qu’il a? to

Mais M. Prohartchine ne répondit pas. Non que cette idée d’être un Napoléon l’emplit de confusion ni qu’il redoutât d’assumer une pareille responsabilité, mais il se trouvait hors d’état de discuter, de dire quoi que ce fût de raiso

De toute la journée, il ne fut question que de Sémione Ivanovitch. On revenait constamment près de lui; on lui demandait comment il allait; on lui prodiguait les consolations… Mais vers le soir, il n’avait plus besoin de consolations, en proie à la fièvre, au délire. On fut sur le point d’aller chercher un médecin et tous les pensio

«Songe ou réalité, j’ai eu l’impression que, tout près de moi, deux hommes causaient vers deux heures du matin.» Il avait reco

Au surplus, il n’en savait pas davantage, car il s’était endormi pour ne se réveiller qu’avec les autres au moment où tous s’étaient précipités à bas du lit sur un cri à réveiller un mort. Il leur avait semblé à tous voir disparaître la lueur d’une bougie. Pendant cette alerte, le bruit confus d’une lutte retentissait derrière le paravent. Lorsqu’il y eut de la lumière, on put constater que c’étaient Remniov et Zimoveikine qui se battaient, s’accablaient de reproches et s’agonisaient d’injures. Remniov cria même:

– Ce n’est pas moi; c’est cet assassin!

– Lâche-moi! vociférait M. Zimoveikine. Je suis i

Ils n’avaient plus figure humaine, mais, tout d’abord, on n’y fit guère attention, car le malade avait quitté son lit. Ce n’est qu’une fois les belligérants séparés qu’on retrouva M. Prohartchine étendu sous sa couche et probablement sans co