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VII
Il était gai et tranquille. Peut-être venait-il de lui arriver quelque chose de très heureux que nous ignorions encore; quoi qu’il en soit, il semblait éprouver une satisfaction particulière.
À son approche, Barbara Pétrovna se leva vivement.
– Me pardo
Il se mit à rire.
– C’en est fait! s’écria-t-il plaisamment, – je vois que vous savez tout. Après être sorti d’ici, je songeais à part moi dans la voiture: «Il aurait fallu au moins raconter une anecdote, on ne s’en va pas ainsi!» Mais je me suis souvenu que Pierre Stépanovitch était resté chez vous, et cela m’a rassuré.
Tandis qu’il prononçait ces mots, il promenait ses yeux autour de lui.
– Pierre Stépanovitch, reprit sole
– Chevaleresque? C’est aller un peu loin, répondit en riant Nicolas. – Du reste, je suis très reco
Sur ce, il embrassa tendrement sa mère.
– En tout cas, cette affaire est maintenant finie, elle a été racontée, on peut par conséquent parler d’autre chose.
Ces derniers mots furent dits par Nicolas Vsévolodovitch d’un ton qui avait quelque chose de sec et de décidé. Barbara Pétrovna le remarqua, mais son exaltation ne tomba point, au contraire.
– Je ne t’attendais pas avant un mois, Nicolas!
– Bien entendu, maman, je vous expliquerai tout, mais maintenant…
Et il s’approcha de Prascovie Ivanovna.
Elle tourna à peine la tête de son côté, bien qu’une demi-heure auparavant la première apparition du jeune homme l’eût fort intriguée. Mais en ce moment la générale Drozdoff avait de nouveau soucis: lorsque le capitaine avait rencontré sur le seuil Nicolas Vsévolodovitch, Élisabeth Nikolaïevna, jusqu’alors fort sombre, s’était brusquement mise à rire, et cette hilarité, loin de cesser avec l’incident qui y avait do
– Excusez-moi, je vous prie, répondit-elle précipitamment, vous… vous avez vu sans doute Maurice Nikolaïévitch… Mon Dieu, il n’est pas permis d’être grand comme vous l’êtes, Maurice Nikolaïévitch!
Nouveau rire. Le capitaine d’artillerie était grand, mais pas au point d’en être ridicule.
– Vous… vous êtes arrivé depuis longtemps? murmura-t-elle en essayant de se contenir; elle était même confuse, mais ses yeux étincelaient.
– Depuis plus de deux heures, répondit Nicolas qui l’observait attentivement.
Il était très convenable et très poli, mais avec cela il avait l’air fort indifférent, e
– Et où habiterez-vous?
– Ici.
Barbara Pétrovna considérait aussi Lisa avec attention, mais une idée la frappa tout à coup.
– Où donc as-tu été pendant tout ce temps, Nicolas? demanda-t-elle en s’approchant de son fils; – le train arrive à dix heures.
– J’ai d’abord mené Pierre Stépanovitch chez Kiriloff; je l’avais rencontré à la station de Matvéiévo (la troisième avant d’arriver ici), et nous avions fait ensemble le reste du voyage.
– J’attendais à Matvéiévo depuis l’aube, dit Pierre Stépanovitch, – les dernières voitures de notre train ont déraillé pendant la nuit, et nous avons failli avoir les jambes cassées!
– Que le Seigneur ait pitié de nous! fit en se signant Prascovie Ivanovna.
– Maman, maman, chère maman, ne vous effrayez pas si par hasard je me casse en effet les deux jambes; cela peut fort bien m’arriver, vous dites vous-même que j’ai tort de lancer mon cheval au grand galop comme je le fais chaque matin. Maurice Nikolaïévitch, vous me conduirez, quand je serai boiteuse? ajouta la jeune fille en se mettant de nouveau à rire. – Si cela arrive, je ne me laisserai conduire par aucun autre que vous, comptez-y hardiment. Eh bien, mettons que je ne me casse qu’une jambe… Allons, soyez donc aimable, dites que ce sera un bonheur pour vous.
– Pourquoi voulez-vous que je sois heureux si vous vous cassez une jambe? demanda sérieusement Maurice Nikolaïévitch dont la mine se renfrogna.
– Parce que seul vous aurez le privilège de me conduire, je ne veux perso
– Même alors, c’est vous qui me conduirez, Élisabeth Nikolaïevna, grommela Maurice Nikolaïévitch devenu encore plus sérieux.
– Mon Dieu, mais il a voulu faire un calembour! s’écria Lisa avec une sorte de frayeur. – Maurice Nikolaïévitch, ne vous avisez jamais de vous lancer dans cette voie! Mais que vous êtes égoïste pourtant! J’aime à croire, pour votre ho
En achevant ces mots, elle eut un rire nerveux. Ses plaisanteries étaient fort plates, mais évidemment elle ne visait pas au bel esprit.
– C’est une crise d’hystérie! me dit à voix basse Pierre Stépanovitch. – Il faudrait lui do