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– Certainement, et c’est pour cela que je tiens à parler. Je suis sûr que lui-même m’en prierait.

Ce monsieur tombé du ciel qui, de but en blanc, manifestait un si vif désir de raconter les affaires d’autrui, pouvait paraître assez étrange; en tout cas, sa manière d’agir choquait les usages reçus. Mais il avait touché un endroit fort sensible, et Barbara Pétrovna était comme prise à l’hameçon. Je ne co

– On vous écoute, dit d’un ton plein de réserve Barbara Pétrovna qui s’en voulait un peu de sa condescendance.

– L’histoire n’est pas longue; si vous voulez, ce n’est même pas, à proprement parler, une anecdote, commença Pierre Stépanovitch. – Du reste, un romancier désœuvré pourrait en tirer un roman. C’est une petite affaire assez intéressante, Prascovie Ivanovna, et je suis sûr qu’Élisabeth Nikolaïevna en écoutera le récit avec curiosité, parce qu’il s’y trouve plus d’un détail, je ne dis pas bizarre, mais très bizarre. Il y a cinq ans, à Pétersbourg, Nicolas Vsévolodovitch a co

Le narrateur s’interrompit brusquement et se tourna vers Lébiadkine, mais, au moment où il allait interpeller le capitaine, Barbara Pétrovna l’arrêta; ce qu’elle venait d’entendre l’avait fort exaltée.

– Vous avez fini? demanda-t-elle.

– Pas encore; pour compléter mon récit, il me faudrait, si vous le permettiez, adresser quelques questions à ce monsieur… Vous verrez tout de suite de quoi il s’agit, Barbara Pétrovna.

– Assez, plus tard, reposez-vous une minute, je vous prie. Oh! que j’ai bien fait de vous laisser parler!

– Eh bien! Barbara Pétrovna, reprit Pierre Stépanovitch, – est-ce que Nicolas Vsévolodovitch pourrait lui-même vous expliquer tout cela tantôt, en réponse à votre question, – peut-être trop catégorique?

– Oh! oui, elle l’était trop!