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– Comment, ainsi c’est là votre Daria Pavlovna! s’exclama Marie Timoféievna; – eh bien, matouchka, ta sœur ne te ressemble pas! Comment donc mon laquais peut-il dire: «la serve, la fille de Dachka», en parlant de cette charmante perso
Daria Pavlovna s’était déjà rapprochée de Barbara Pétrovna, mais l’exclamation de mademoiselle Lébiadkine lui fit brusquement retourner la tête, et elle resta debout devant sa chaise, les yeux attachés sur la folle.
– Assieds-toi, Dacha, dit Barbara Pétrovna avec un calme effrayant; plus près, là, c’est bien; tu peux voir cette femme, tout en étant assise. Tu la co
– Je ne l’ai jamais vue, répondit tranquillement Dacha, et, après un silence, elle ajouta: – C’est sans doute la sœur malade d’un M. Lébiadkine.
– Moi aussi, mon âme, je vous voie aujourd’hui pour la première fois, mais depuis longtemps déjà je désirais faire votre co
– Comprends-tu quelque chose? demanda avec une dignité hautaine Barbara Pétrovna.
– Je comprends tout…
– De quel argent parle-t-elle?
– Il s’agit sans doute de l’argent que, sur la demande de Nicolas Vsévolodovitch, je me suis chargée d’apporter de Suisse à ce M. Lébiadkine, le frère de cette femme.
Un silence suivit ces mots.
– Nicolas Vsévolodovitch lui-même t’a priée de faire cette commission?
– Il tenait beaucoup à envoyer cet argent, une somme de trois cents roubles, à M. Lébiadkine. Mais il ignorait son adresse, il savait seulement que ce monsieur devait venir dans notre ville, c’est pourquoi il m’a chargée de lui remettre cette somme à son arrivée ici.
– Quel argent a donc été… perdu? À quoi cette femme vient-elle de faire allusion?
– Je n’en sais rien; j’ai entendu dire aussi que M. Lébiadkine m’accusait d’avoir détourné une partie de la somme, mais je ne comprends pas ces paroles. On m’avait do
Daria Pavlovna avait presque entièrement recouvré son calme. En général il était difficile de troubler longtemps cette jeune fille et de lui ôter sa présence d’esprit, quelque émotion qu’elle éprouvât dans son for intérieur. Toutes les réponses qu’on a lues plus haut, elle les do
– Si, dit-elle avec force (tout en ne regardant que Dacha, elle s’adressait évidemment à toute l’assistance), – si Nicolas Vsévolodovitch, au lieu de me confier cette commission, t’en a chargée, c’est sans doute qu’il avait des raisons d’agir ainsi. Je ne me crois pas le droit de les rechercher, du moment qu’on me les cache; d’ailleurs le seul fait de ta participation à cette affaire me rassure pleinement à leur égard, sache cela, Daria. Mais vois-tu, ma chère, quand on ne co
– Quand il viendra chez vous, le mieux sera de l’envoyer à l’antichambre, observa tout à coup Marie Timoféievna en se penchant en dehors de son fauteuil. – Là il jouera aux cartes sur le coffre avec les laquais, tandis qu’ici nous boirons du café. Vous pourrez tout de même lui en faire porter une petite tasse, mais je le méprise profondément, acheva-t-elle avec un geste expressif.
– Il faut en finir, répéta Barbara Pétrovna qui avait écouté attentivement mademoiselle Lébiadkine, so
Celui-ci obéit et brusquement s’avança tout agité vers la maîtresse de la maison.
– Si… si je… bégaya-t-il en rougissant, – si j’ai aussi entendu raconter la nouvelle ou, pour mieux dire, la calomnie la plus odieuse, c’est avec la plus grande indignation… enfin cet homme est un misérable et quelque chose comme un forçat évadé…
Il ne put achever; Barbara Pétrovna l’examina des pieds à la tête en clignant les yeux. Entra le correct valet de chambre Alexis Égorovitch.
– La voiture, ordo
– M. Lébiadkine l’attend lui-même en bas depuis un certain temps, et il a vivement insisté pour être a
– Cela ne se peut pas, Barbara Pétrovna, fit aussitôt d’un air inquiet Maurice Nikolaïévitch, qui jusqu’alors avait observé un silence absolu: – permettez-moi de vous le dire, ce n’est pas un homme qu’on puisse recevoir, c’est… c’est… c’est… un homme impossible, Barbara Pétrovna.
– Qu’il attende un peu, répondit cette dernière à Alexis Égorovitch.
Le valet de chambre se retira.
– C’est un homme malho
Prascovie Ivanovna se leva.
– Lisa, il est temps de partir, dit-elle d’un ton rogue.
Elle semblait déjà regretter de s’être traitée elle-même de sotte tantôt dans un moment d’émoi. C’était avec un pli dédaigneux sur les lèvres qu’elle avait écouté tout à l’heure les explications de Daria Pavlovna. Mais rien ne me frappa autant que la physionomie d’Élisabeth Nikolaïevna depuis l’entrée de Dacha: la haine et le mépris se lisaient dans ses yeux flamboyants.
– Attends encore une minute, je te prie, Prascovie Ivanovna, fit, toujours avec le même calme extraordinaire, Barbara Pétrovna, – aie la bonté de te rasseoir, je suis décidée à tout dire, et tu as mal aux jambes. Là, c’est bien, je te remercie. Tantôt je ne me co