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– Une dame qui avait les cheveux noirs? – Qu’est-ce que c’est bien que cela? Allons, parle!

– Il m’a dit que cette dame l’avait passio

– L’imbécile! déclara sèchement Barbara Pétrovna qui cependant paraissait songeuse.

Sophie Matvievna n’était plus en état de retenir ses larmes.

– Je ne saurais pas bien raconter, car, pendant qu’il parlait, j’étais moi-même fort inquiète pour lui, et puis je ne pouvais pas comprendre, parce que c’est un homme si spirituel…

– Ce n’est pas une corneille comme toi qui peut juger de son esprit. Il t’a offert sa main?

La narratrice se mit à trembler.

– Il s’est amouraché de toi? – Parle! Il t’a proposé le mariage? cria Barbara Pétrovna.

– À peu près, répondit en pleurant Sophie Matvievna. – Mais j’ai pris tout cela pour l’effet de la maladie et n’y ai attaché aucune importance, ajouta-t-elle en relevant hardiment les yeux.

– Comment t’appelle-t-on: ton prénom et ta dénomination patronymique?

– Sophie Matvievna.

– Eh bien, sache, Sophie Matvievna, que c’est l’homme le plus vain, le plus mauvais… Seigneur! Seigneur! Me prends-tu pour une vaurie

La colporteuse ouvrit de grands yeux.

– Pour une vaurie

– Comment cela serait-il possible, alors que vous-même pleurez?

Des larmes mouillaient, en effet, les paupières de Barbara Pétrovna.

– Eh bien, assieds-toi, assieds-toi, n’aie pas peur. – Regarde-moi encore une fois en face, entre les deux yeux; pourquoi rougis-tu? Dacha, viens ici, regarde-la: qu’en penses-tu? son cœur est pur…

Et soudain la générale tapota la joue de Sophie Matvievna, chose qui effraya celle-ci plus encore peut-être qu’elle ne l’éto

– C’est dommage seulement que tu sois sotte. – On n’est pas sotte comme cela à ton âge. C’est bien, ma chère, je m’occuperai de toi. Je vois que tout cela ne signifie rien. Pour le moment reste ici, je me charge de ton logement et de ta nourriture; tu seras défrayée de tout… en attendant, je prendrai des informations.

La colporteuse fit remarquer timidement qu’elle était forcée de partir au plus tôt.

– Rien ne te force à partir. – J’achète en bloc tous tes livres, mais je veux que tu restes ici. Tais-toi, je n’admets aucune observation. Voyons, si je n’étais pas venue, tu ne l’aurais pas quitté, n’est-ce pas?

– Pour rien au monde je ne l’aurais quitté, répondit d’une voix douce, mais ferme, Sophie Matvievna qui s’essuyait les yeux.

Le docteur Zaltzfisch n’arriva qu’à une heure avancée de la nuit. C’était un vieillard qui jouissait d’une grande considération, et un praticien expérimenté. Peu de temps auparavant, une disgrâce administrative lui avait valu la perte de sa position dans le service, et, depuis lors, Barbara Pétrovna s’était mise à le «protéger» de tout son pouvoir. Il examina longuement Stépan Trophimovitch, questio

– Se peut-il qu’il n’y ait plus aucun espoir? demanda-t-elle en pâlissant.

– Il n’en reste plus guère, mais…

Elle ne se coucha pas de la nuit et attendit impatiemment le lever du jour. Dès que le malade eut ouvert les yeux (il avait toujours sa co

– Stépan Trophimovitch, il faut tout prévoir. – J’ai envoyé chercher un prêtre. Vous êtes tenu d’accomplir le devoir…

Co

– C’est absurde, c’est absurde! vociféra-t-elle, croyant déjà à un refus; – à présent il ne s’agit plus de jouer à l’esprit fort, le temps de ces gamineries est passé.

– Mais… est-ce que je suis malade?

Il devint pensif et consentit. Je fus fort éto

Il se confessa et communia de très bo

– Oui, mes amis, et je m’éto

Le pope s’était déjà dépouillé de ses ornements sacerdotaux, Barbara Pétrovna le retint:

– Je vous prie instamment, batuchka, de rester avec le malade; on va servir le thé; parlez-lui, s’il vous plaît, des choses divines pour l’affermir dans la foi.

L’ecclésiastique prit la parole; tous étaient assis ou debout autour du lit de Stépan Trophimovitch.

– À notre époque de péché, commença le pope en tenant à la main sa tasse de thé, – la foi au Très Haut est l’unique refuge du genre humain dans toutes les épreuves et tribulations de la vie, aussi bien que dans l’espoir du bonheur éternel promis aux justes…

Stépan Trophimovitch parut tout ranimé; un fin sourire glissa sur ses lèvres.

– Mon père, je vous remercie, et vous êtes bien bon, mais…

– Pas de mais, pas de mais! s’écria Barbara Pétrovna bondissant de dessus son siège. – Batuchka, dit-elle au pope, – c’est un homme qui… dans une heure il faudra encore le confesser! Voilà l’homme qu’il est!

Le malade eut un sourire contenu.

– Mes amis, déclara-t-il, – Dieu m’est nécessaire, parce que c’est le seul être qu’on puisse aimer éternellement…

Croyait-il réellement, ou bien l’imposante sole