Добавить в цитаты Настройки чтения

Страница 163 из 199

CHAPITRE V LA VOYAGEUSE.

I

Le malheur de Lisa et la mort de Marie Timoféievna terrifièrent Chatoff. J’ai déjà dit que je l’avais rencontré ce matin-là; il me parut bouleversé. Entre autres choses, il m’apprit que la veille, à neuf heures du soir (c'est-à-dire trois heures avant l’incendie), il s’était rendu chez Marie Timoféievna. Il alla dans la matinée visiter les cadavres, mais, d’après ce que je puis savoir, il ne fit part de ses soupçons à perso

Entre sept et huit heures du soir (au moment même où les «nôtres» réunis chez Erkel attendaient avec colère l’arrivée de Pierre Stépanovitch), Chatoff, souffrant d’une migraine accompagnée de légers frissons, était couché sur son lit au milieu de l’obscurité; aucune bougie n’éclairait sa chambre. Il ne savait à quoi se décider, et cette irrésolution était pour lui un cruel supplice. Peu à peu il s’endormit, et durant son court sommeil il eut une sorte de cauchemar: il lui semblait qu’il était garrotté sur son lit, incapable de mouvoir un membre; sur ces entrefaites, un bruit terrible faisait trembler toute la maison: des coups violents étaient frappés contre le mur, contre la grand’porte; on cognait aussi chez Chatoff et chez Kiriloff; en même temps le dormeur s’entendait appeler avec un accent plaintif par une voix lointaine qui lui était co

– Qui est là? cria-t-il, littéralement glacé d’effroi.

– Si vous êtes Chatoff, fit-on d’en bas, – veuillez répondre franchement et ho

La voix était ferme, coupante; il la reco

– Marie!… C’est toi?

– Oui, c’est moi, Marie Chatoff, et je vous assure que je ne puis garder mon cocher une minute de plus.

– Tout de suite… le temps d’allumer une bougie… put à peine articuler Chatoff, qui se hâta de chercher des allumettes. Comme il arrive le plus souvent en pareil cas, il n’en trouva point et laissa choir par terre le chandelier avec la bougie. En bas retentirent de nouveaux cris d’impatience. Il abando

– Faites-moi le plaisir de tenir cela un instant, pendant que je réglerai avec cette brute, dit madame Marie Chatoff à son mari en lui tendant un sac à main assez léger; c’était un de ces articles de peu de valeur qu’on fabrique à Dresde avec de la toile à voiles.

– J’ose vous assurer que vous demandez plus qu’il ne vous est dû, poursuivit-elle avec véhémence en s’adressant au cocher. – Si depuis une heure vous me promenez dans les sales rues d’ici, c’est votre faute, parce que vous ne saviez pas trouver cette sotte rue et cette stupide maison. Prenez vos trente kopeks et soyez sûr que vous n’aurez pas davantage.

– Eh! madame, tu m’as toi-même indiqué la rue de l’Ascension, tandis que tu voulais aller rue de l’Épiphanie. Le péréoulok de l’Ascension, c’est fort loin d’ici; cette course-là a éreinté mon cheval.

– Ascension, Épiphanie, – toutes ces sottes dénominations doivent vous être plus familières qu’à moi, vu que vous êtes de la ville. D’ailleurs, vous n’êtes pas juste: j’ai commencé par vous dire de me conduire à la maison Philippoff, et vous m’avez assuré que vous co

– Tenez, voilà encore cinq kopeks! intervint Chatoff, qui se hâta de prendre un piatak dans sa poche et le do

– Ne vous avisez pas de faire cela, je vous prie! protesta la voyageuse, mais l’automédon fouetta son cheval, et Chatoff, prenant sa femme par la main, l’introduisit dans la maison.

– Vite, Marie, vite… tout cela ne signifie rien et – comme tu es trempée! Prends garde, il y a ici un escalier, – quel dommage qu’on ne voit pas clair! – l’escalier est roide, tiens-toi à la rampe, tiens-toi bien; voilà ma chambrette. Excuse-moi, je n’ai pas de feu… Tout de suite!

Il ramassa le chandelier, mais cette fois encore les allumettes furent longues à trouver. Silencieuse et immobile, madame Chatoff attendait debout au milieu de la chambre.

– Grâce à Dieu, enfin! s’écria-t-il joyeusement quand il eut allumé la bougie. Marie Chatoff parcourut le local d’un rapide regard.

– J’avais bien entendu dire que vous viviez dans un taudis, pourtant je ne m’attendais pas à vous trouver ainsi logé, observa-t-elle d’un air de dégoût, et elle s’avança vers le lit.

– Oh! je n’en puis plus! poursuivit la jeune femme en se laissant tomber avec accablement sur la dure couche de Chatoff. – Débarrassez-vous de ce sac, je vous prie, et prenez une chaise. Du reste, faites comme vous voulez. Je suis venue vous demander un asile provisoire, en attendant que je me sois procuré du travail, parce que je ne co

Chatoff était tout tremblant.

– Tu n’as pas besoin d’aller à l’hôtel, Marie! Pourquoi? À quoi bon? supplia-t-il les mains jointes.