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– Comment dont vous-même étiez-vous là? lui demandâmes-nous, – et comment savez-vous de science certaine qu’elle est allée à Skvorechniki?

– Je passais en cet endroit par hasard, répondit-il, – et, en apercevant Lisa, j’ai couru vers la voiture.

Et pourtant, lui si curieux, il n’avait pas remarqué qui était dans cette voiture!

– Quant à Maurice Nikolaïévitch, acheva le narrateur, – non seulement il ne s’est pas mis à la poursuite de la jeune fille, mais il n’a même pas essayé de la retenir, et il a fait taire la maréchale de la noblesse qui s’époumonait à crier: «Elle va chez Stavroguine! Elle va chez Stavroguine!»

Je ne pus me contenir plus longtemps:

– C’est toi, scélérat, qui as tout organisé! vociférai-je avec rage. – Voilà à quoi tu as employé ta matinée! Tu as été le complice de Stavroguine, c’est toi qui étais dans la voiture et qui y a fait monter Lisa… toi, toi, toi! Julie Mikhaïlovna, cet homme est votre e

Et je sortis précipitamment de la maison.

J’en suis encore à me demander aujourd’hui comment j’ai pu alors lancer une accusation si nette à la face de Pierre Stépanovitch. Mais j’avais deviné juste: on découvrit plus tard que les choses s’étaient passées à très peu près comme je l’avais dit. En premier lieu, j’avais trouvé fort louche la façon dont il s’y était pris pour entrer en matière. Une nouvelle aussi renversante, il aurait dû, ce semble, la raconter de prime abord, dès son arrivée dans la maison; au lieu de cela, il avait fait mine de croire que nous la savions déjà, ce qui était impossible, vu le peu de temps écoulé depuis l’événement. Pour la même raison, il ne pouvait non plus avoir déjà entendu dire partout que la maréchale de la noblesse avec servi d’entremetteuse. En outre, pendant qu’il parlait, j’avais deux fois surpris sur ses lèvres le sourire malicieux du fourbe qui s’imagine en conter à des jobards. Mais peu m’importait Pierre Stépanovitch; le fait principal n’était pas douteux à mes yeux, et, en sortant de chez Julie Mikhaïlovna, je ne me co

III

Toute cette nuit avec ces incidents absurdes aboutissant à une épouvantable catastrophe me fait encore aujourd’hui l’effet d’un affreux cauchemar, et c’est ici que ma tâche de chroniqueur devient particulièrement pénible. Il était plus de dix heures quand j’arrivai chez la maréchale de la noblesse. Malgré le peu de temps dont on disposait, la vaste salle où s’était do