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– Ce n’est pas sur ce point proprement dit que je suis tombé d’accord avec vous.

– Vous pesez chacune de vos paroles, hé, hé! Homme circonspect! observa gaiement Pierre Stépanovitch. – Écoutez, mon père, il fallait que j’apprisse à vous co

– Pourquoi?

– Est-ce que je sais pourquoi? répondit avec un nouveau rire le visiteur. – Voyez-vous, cher et très estimé André Antonovitch, vous êtes rusé, mais pas encore assez pour deviner cela, comprenez-vous? Peut-être que vous comprenez? Quoique, à mon retour de l’étranger, j’aie do

En achevant ces mots, il se leva.

– Au contraire, je suis enchanté que l’affaire soit, pour ainsi dire, précisée, répondit d’un air non moins aimable Von Lembke qui s’était levé aussi; les dernières paroles de son interlocuteur l’avaient visiblement rasséréné. – J’accepte vos services avec reco

– Six jours, l’essentiel, c’est ce délai de six jours; durant ce laps de temps ne bougez pas, voilà ce qu’il me faut.

– Bien.

– Naturellement, je ne vous lie pas les mains, je ne me le permettrais pas. Vous ne pouvez vous dispenser de faire des recherches; seulement n’effrayez pas la nichée avant le moment voulu, je compte pour cela sur votre intelligence et votre habileté pratique. Mais vous devez avoir un joli stock de mouchards et de limiers de toutes sortes, hé, hé! remarqua d’un ton badin Pierre Stépanovitch.

– Pas tant que cela, dit agréablement le gouverneur. – C’est un préjugé chez les jeunes gens de croire que nous en avons une si grande quantité… Mais, à propos, permettez-moi une petite question: si ce Kiriloff a été le témoin de Stavroguine, alors M. Stavroguine se trouve aussi dans le même cas…

– Pourquoi Stavroguine?

– Puisqu’ils sont si amis?

– Eh! non, non, non! Ici vous faites fausse route, tout malin que vous êtes. Et même vous m’éto

– Vraiment! Est-ce possible? fit Von Lembke d’un ton d’incrédulité. – Julie Mikhaïlovna m’a dit avoir reçu de Pétersbourg des informations do

– Je ne sais rien, rien, absolument rien. Adieu. Avis au lecteur!

Sur ce, le jeune homme s’élança vers la porte.

– Permettez, Pierre Stépanovitch, permettez, cria le gouverneur, – deux mots encore au sujet d’une niaiserie, ensuite je ne vous retiens plus.

Il ouvrit un des tiroirs de son bureau et y prit un pli.

– Voici un petit document qui se rapporte à la même affaire; je vous prouve par cela même que j’ai en vous la plus grande confiance. Tenez, vous me direz votre opinion.

Ce pli était à l’adresse de Von Lembke qui l’avait reçu la veille, et il contenait une lettre anonyme fort étrange. Pierre Stépanovitch lut avec une extrême colère ce qui suit:

«Excellence!

«Car votre tchin vous do

«L’homme lige de Votre Excellence, qui baise la trace de vos pas, le libre penseur repentant,

«INCOGNITO.»

Von Lembke expliqua que la lettre avait été déposée la veille dans la loge en l’absence du suisse.

– Eh bien, qu’est-ce que vous en pensez? demanda presque brutalement Pierre Stépanovitch.

– J’incline à la considérer comme l’œuvre d’un mauvais plaisant, d’un farceur anonyme.

– C’est la conjecture la plus vraisemblable. On ne vous monte pas le coup.

– Ce qui me fait croire cela, c’est surtout la bêtise de cette lettre.

– Vous en avez déjà reçu de semblables depuis que vous êtes ici?

– J’en ai reçu deux, également sans signature.

– Naturellement, les auteurs de ces facéties ne tie

– Oui.

– Et bouffo

– Oui, bouffo

– Eh bien, puisque ce n’est pas la première fois qu’on vous adresse pareilles pasquinades, cette lettre doit sûrement provenir d’une officine analogue.

– D’autant plus qu’elle est idiote. Ces gens-là sont instruits, et, à coup sûr, ils n’écrivent pas aussi bêtement.