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– Assez, monsieur. Je vais une fois pour toutes me débarrasser de vous. Je vous défends de faire aucune excuse à la baro
– Permettez, général. Est-ce bien lui qui exige que vous… vous défassiez de moi, puisque je suis de votre maison, comme vous daignez l’avouer?
– Non, mais je me suis cru en devoir de lui fournir cette réparation, et il s’en est contenté. Nous nous séparons, monsieur. Je vous devais encore quarante-trois florins, les voici; adieu. À partir d’aujourd’hui, nous sommes l’un pour l’autre des étrangers. Excepté des e
Je pris l’argent, je saluai le général et lui dis très sérieusement:
– Général, la chose ne peut se terminer ainsi. Je regrette beaucoup de vous avoir causé des désagréments, mais veuillez observer que vous avez eu tort de répondre de moi devant le baron. Que signifie l’expression: «Cet homme est de ma maison?» Je suis précepteur chez vous; je ne suis ni votre fils ni votre pupille; vous n’avez pas à répondre de mes actions. J’ai vingt-cinq ans; je suis licencié et noble; je vous suis étranger; je constitue moi-même une individualité juridiquement responsable. Il faut tout le cas que je fais de vos i
Le général était tellement abasourdi qu’il ouvrit la bouche, fit effort pour parler, étendit les mains, puis tout à coup se tourna vers le Français et lui expliqua que je parlais de le provoquer en duel. Le Français se mit à ricaner.
– Mais quant au baron, continuai-je sans me laisser déconcerter par l’attitude de M. de Grillet, je n’ai pas du tout l’intention de laisser passer les choses ainsi. Et puisque vous vous êtes mêlé de cette affaire, général, en consentant à écouter les plaintes du baron, j’ai l’ho
Ce que je pressentais arriva. Ce nouveau projet mit le comble à l’effroi du général.
– Comment! vous avez l’intention de continuer cette maudite affaire! N’ayez pas cette audace, monsieur, ou bien je vous jure… Il y a des autorités ici, et moi… moi… en un mot, mon rang… et celui du baron… enfin, on vous ar-rê-te-ra, on vous expulsera par voie de police, comprenez-vous?
– Général; répondis-je toujours calme, on ne peut pas m’arrêter sans motif. Vous ne savez pas encore dans quels termes je parlerai au baron; vous vous inquiétez inutilement.
– Pardieu! pardieu! Alexis Ivanovitch, renoncez à cette intention ridicule! dit le général, devenu tout à coup suppliant, – il avait même pris mes mains dans les sie
Je me retirai en priant le général de ne pas s’inquiéter, en l’assurant que tout se passerait très bien.
À l’étranger, les Russes sont quelquefois lâches; ils craignent trop le qu’en-dira-t-on. Ils s’inquiètent beaucoup de savoir si une chose est convenable ou non. Ils ont l’âme dans un corset, surtout ceux qui prétendent à une situation en vue. Mais le général m’a laissé entendre que sa situation perso
VII
Ce matin j’ai appelé le garçon et demandé que désormais on fît un compte à part pour moi. J’ai conservé ma chambre, qui n’était pas trop chère. D’ailleurs, je possède six cents florins, et… qui sait?… peut-être une fortune. Chose étrange! je n’ai encore rien gagné, et je ne puis m’empêcher d’avoir des pensées de millio
Je me proposais, malgré l’heure matinale, d’aller chez M. Astley, à l’hôtel d’Angleterre, quand de Grillet entra chez moi. C’était la première fois qu’il me faisait tant d’ho
Il me salua très poliment, me fit des compliments banals sur mon installation, et, me voyant le chapeau à la main, me demanda si j’allais me promener. Je lui répondis que je me rendais chez M. Astley pour affaires. Aussitôt son visage devint soucieux.
De Grillet est, comme tous les Français, gai, aimable quand il le faut ou quand cela rapporte, et terriblement e
– Je viens pour affaires, commença-t-il d’un ton dégagé, je suis l’envoyé ou, si vous préférez, l’intermédiaire du général. Il m’a expliqué la chose en détail, et je vous avoue…
– Écoutez, monsieur de Grillet, interrompis-je, je vous agrée comme intermédiaire: je ne suis qu’un outchitel, je ne suis pas l’ami de la maison, et l’on ne me fait pas de confidences. Mais, dites-moi, êtes-vous de la famille? Car enfin, vous prenez intérêt à tout et à tous, vous êtes mêlé à tout, et tout de suite c’est vous qu’on choisit pour l’intermédiaire!…
Ma question lui déplut.