Добавить в цитаты Настройки чтения

Страница 23 из 62

Falaléi s’en vint en pleurnichant, la bouche ouverte et avalant ses larmes. Foma Fomitch le contemplait avec volupté.

– C’est avec intention, Paul Sémionovitch, que je l’ai appelé gueule de Hollande, fit-il, se carrant dans le fauteuil et, tournant légèrement la tête du côté d’Obnoskine assis près de lui. En général, je ne trouve pas utile d’atténuer mes expressions. La vérité doit rester la vérité et l’on aura beau cacher la boue, on ne l’empêchera pas d’être la boue. Dès lors, à quoi bon les atténuations? À mentir aux autres et à soi-même? Ce n’est que dans une tête vide de mondain qu’a pu germer une idée aussi absurde que le besoin des convenances. Dites, je vous prends à témoin, quelle beauté trouvez-vous dans cette binette? Je parle de beauté noble, élevée!

Il s’exprimait d’une voix douce, lente, indifférente.

– Lui, beau? laissa tomber Obnoskine avec la plus insolente nonchalance. Il me fait l’effet d’un roastbeef et voilà tout.

– Je m’approche de la glace et je m’y contemple, poursuivit sole

– Je suis… beau! répondit Falaléi avec des sanglots étouffés.

Obnoskine partit d’un éclat de rire.

– Vous l’avez entendu? lui cria triomphalement Foma. Il va vous en dire bien d’autres. Je suis venu lui faire passer un examen. Sachez, Paul Sémionovitch, qu’il est des gens pour comploter la perte de ce pauvre idiot. Il se peut que mon jugement soit sévère et que je me trompe; mais je ne parle que par amour pour l’humanité. Il vient de se livrer à la danse la plus inconvenante; qui donc s’en préoccupe ici? Écoutez-moi ça! Allons! Réponds, que viens-tu de faire? Réponds! réponds immédiatement!

– J’ai dansé, sangloté Falaléi.

– Qu’est-ce que tu as dansé? Quelle danse? Parle!

– La Kamarinskaïa…

– La Kamarinskaïa! Et qu’est-ce que c’est que Kamarinski? Tâche de nous do

– Un pay… san…

– Un paysan? rien qu’un paysan? Tu m’éto

Tourmenter était chez Foma un véritable besoin. Il se jouait de sa victime comme le chat de la souris; mais Falaléi se taisait, pleurnichant sans parvenir à comprendre la question.

– Réponds donc! insistait Foma. On te demande quel était ce paysan… Appartenait-il à un seigneur? à la couro

– À la commune…

– Ah! à la commune! Vous entendez, Paul Sémionovitch? Voici un point historique élucidé, le moujik Kamarinski appartenait à la commune… Et qu’a-t-il fait, ce paysan? Quels exploits lui valent les ho

La question était délicate et même dangereuse, s’adressant à Falaléi.

– Voyons… vous… pourtant… intervint Obnoskine en jetant un regard vers sa mère qui commençait à s’agiter sur son siège.

Mais que faire? Les caprices de Foma Fomitch faisaient loi!

– De grâce, mon oncle, si vous n’arrêtez pas cet imbécile, vous voyez où il veut en venir. Falaléi est capable de dire n’importe quoi, je vous l’assure! dis-je à l’oreille de mon oncle qui, fort perplexe ne savait quel parti prendre.

– Dis donc, Foma, si… tu… Je te présente mon neveu qui étudiait la minéralogie…

– Colonel, je vous prie de ne pas m’interrompre avec votre minéralogie où vous ne vous y co

L’infortuné Falaléi jetait autour de lui des regards angoissés. Ne sachant que répondre, il ouvrait et fermait alternativement la bouche comme un poisson pêché qui agonise sur le sable.

– J’aurais honte de le dire! dit-il enfin au comble de la détresse.

– Ah! il a honte de le dire! triompha Foma. Voilà ce que je voulais lui faire avouer, colonel! On a honte de le dire, mais non de le faire! Telle est la moralité que vous avez semée, qui lève et que vous arrosez, maintenant. Mais assez de paroles; va-t-en dans la cuisine, Falaléi. Pour le moment, je ne te dirai rien par égard pour les perso

– Il me semble que vous êtes un peu sévère, remarqua très mollement Obnoskine.

– En effet! c’est très juste! s’exclama mon oncle. Mais il arrêta et se tut. Foma le couvait d’un regard sombre.

– Je m’éto