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– Hem! grogna Obnoskine, comme pour pousser encore mon oncle.

– Paul Sémionovitch, mon honorable Paul Sémionovitch! Croyez-vous vraiment que je ne sois qu’une poutre insensible? Mais je vois tout; je comprends tout; je comprends tout avec les larmes de mon cœur, je puis le dire: je comprends que tous ces malentendus sont le produit de l’excessive amitié qu’il a pour moi. Mais je vous jure qu’en cette affaire, il est injuste. Je vais tout vous dire; je veux raconter cette histoire dans sa pleine vérité, dans tous ses détails, pour que tout le monde en voit clairement les causes et décide si ma mère a raison de m’en vouloir parce que je n’ai pas pu satisfaire Foma Fomitch. Écoute-moi, toi aussi, Sérioja – ajouta-t-il en se tournant vers moi. (Et il garda cette attitude pendant tout son récit comme s’il n’eut guère eu confiance en la sympathie des autres assistants.)

– Écoute-moi, toi aussi et dis-moi si j’ai tort ou raison. Voici le point de départ de toute cette affaire. Il y a huit jours, oui, juste huit jours, mon ancien chef, le général Houssapétov, passe dans notre ville avec sa femme et sa belle-sœur, et s’y arrête pour quelque temps. J’en fus ravi. Je saute sur cette bo

– Parce que tu es un envieux, Yégorouchka! dit encore la générale.

– Ma mère, s’écria mon oncle au paroxysme du désespoir, vous me ferez perdre la raison… On ne dirait pas que c’est ma mère qui parle! Je suis donc une solive, une lanterne et non plus votre fils!

– Mais, fis-je, extrêmement surpris par ce récit, Bakhtchéiev m’a dit, à tort ou à raison, que Foma Fomitch était mis en jalousie par la fête d’Ilucha et qu’il prétendait être fêté le même jour. J’avoue que ce trait m’a éto

– C’est son a

– Ce n’est pas du tout son a

– Comment? Ce n’est pas son a

– Non, petit père; ce n’est pas son a

J’imagine qu’une bombe tombant au milieu de la chambre n’aurait pas mieux surpris et épouvanté l’assemblée que cette révolte subite, et de qui? d’une fillette à qui défense était faite d’élever seulement la voix à table en présence de sa grand’mère! Atterrée, stupéfaite, folle de colère, la générale se redressa les yeux fixés sur l’insolente enfant, et n’en pouvant les croire.

– On permet cela! On veut la laisser tuer sa grand’mère! brama Pérépélitzina.

– Sacha! Sacha! Tais-toi! Qu’as-tu? criait mon oncle courant de sa mère à sa fille et de sa fille à sa mère.

– Je ne me tairai pas, petit père! cria Sacha, en bondissant tout à coup de sa chaise. – Elle frappait du pied et ses yeux lançaient des éclairs. – Je ne me tairai pas! Nous avons tous par trop souffert à cause de ce méchant Foma Fomitch. Il va nous perdre tous parce qu’à chaque instant on lui répète qu’il est plein d’esprit, magnanime, généreux, savant, qu’il est le résumé, le pot-pourri de toutes les vertus, et il le croit, l’imbécile! On lui a servi tant de plats sucrés que tout autre à sa place en aurait eu honte; mais lui, il a avalé tout ce qu’on lui a présenté et il en redemande encore. Vous allez voir qu’il nous dévorera tous par la faute de papa! Oh! le méchant Foma! Je dis ce que j’ai à dire et je n’ai peur de perso