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IV LE THÉ
La salle où l’on prenait le thé do
Aussi confus que si j’eusse compromis du coup et ma carrière, et mon ho
– Bonjour, mon oncle!
Mon intention était de dire quelque chose de très fin, mais je ne trouvai que: «Bonjour, mon oncle!»
– Bonjour, bonjour, mon cher ami, répondit l’oncle qui souffrait pour moi. Nous nous sommes déjà vus. Mais, ajouta-t-il à voix basse, sois donc plus brave; je t’en supplie! Cela arrive à tout le monde. Parfois, on ne sait quelle figure faire!… Permettez-moi, ma mère, de vous présenter notre jeune homme que vous aimerez certainement. Mon neveu Serge Alexandrovitch, – dit-il en s’adressant à toute la compagnie.
Mais, avant d’aller plus loin, je demande au lecteur la permission de lui présenter les perso
Il y avait là plusieurs dames et seulement deux hommes, outre mon oncle et moi. Foma Fomitch que je désirais tant voir et qui, je le pressentais déjà, était le maître absolu de la maison, Foma Fomitch brillait par son absence comme s’il eût emporté le jour avec lui. Tout le monde était morne et préoccupé. Cela sautait aux yeux et, si confus et e
L’un des messieurs qui se trouvaient là, un jeune homme d’environ vingt-cinq ans, n’était autre que cet Obnoskine dont mon oncle avait tant loué l’intelligence et la moralité. Il me déplut souverainement. Tout en lui décelait le mauvais ton. Son costume était usé comme son visage où une moustache fine et décolorée et une barbiche hirsute prétendaient visiblement à proclamer l’indépendance intellectuelle de leur propriétaire, et peut-être même la libre pensée. Il clignait des yeux sans cesse, souriait avec une feinte malice et, se prélassant sur sa chaise, il braquait son lorgnon sur moi à tout instant pour le laisser craintivement retomber dès que mon regard se tournait vers lui. Autre monsieur: mon cousin Mizintchikov, âgé de vingt-huit ans, étaient en effet un silencieux. Il ne dit pas un mot de tout le thé et restait grave quand tout le monde riait. Mais il ne me parut pas avoir l’air timide a
Parmi les dames, je fus tout d’abord frappé par la demoiselle Pérépélitzina à cause de sa face livide et méchante. Assise près de la générale, mais légèrement en arrière, par déférence, elle se penchait à chaque instant pour chuchoter à l’oreille de sa bienfaitrice. Deux ou trois perso
Une quantité de chaînes brinquebalaient après elle et elle ne cessait de me lorgner à l’exemple de M. Obnoskine dont elle était la mère. Ma tante, la douce Prascovia Ilinichna, s’occupait à verser le thé. Il était évident qu’après une aussi longue séparation, elle brûlait du désir de m’embrasser, mais elle n’osait le faire. Tout semblait défendu en cette maison. Près d’elle était assise une fort jolie fillette d’une quinzaine d’a
Mais la plus remarquable de toutes ces dames était sans conteste une perso
Je devinai en elle cette Tatiana Ivanovna, dont mon oncle disait qu’elle avait quelque chose de fantasque, celle qu’on lui fiançait de force et pour qui toute la maison était aux petits soins eu égard à sa richesse. Ses yeux me plurent: des yeux bleus et très doux en dépit des rides qui les cernaient. Leur regard était si franc, si gai, si bon, qu’on se réjouissait de le rencontrer. Je parlerai plus loin de Tatiana Ivanovna, qui est une des héroïnes de mon récit; sa biographie est fort intéressante.
Quelque cinq minutes après mon entrée dans la salle, on vit accourir du jardin un charmant garço
Mon oncle était tout confus et ne sachant quelle contenance prendre, il appela Sachenka pour me la présenter, mais elle se contenta de se lever et de me faire une grave révérence. Ce geste me charma parce qu’il lui seyait. Ma bo