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– D’un sujet que j’aurais abordé avec toi sans qu’il m’en parlât: de la possibilité de rendre ta situation régulière. Tu sais ma manière de voir à ce sujet, mais enfin mieux vaudrait le mariage.

– C’est-à-dire le divorce? Betsy Tverskoï m’a fait la même observation. Ah! ne crois pas que j’établisse de comparaison entre vous: c’est la femme la plus dépravée qui existe. Enfin, que t’a-t-il dit?

– Qu’il souffre pour toi et pour lui; si c’est de l’égoïsme, il vient d’un sentiment d’ho

– Quelle femme peut appartenir à son mari plus complètement que je ne lui appartiens? Je suis son esclave!

– Mais il ne voudrait pas te voir souffrir.

– Est-ce possible! et puis!…

– Et puis légitimer ses enfants, leur do

– Quels enfants? – et A

– Mais A

– Oh! il peut être tranquille, je n’en aurai plus.

– Comment peux-tu répondre de cela?

– Parce que je ne veux plus en avoir – et, malgré son émotion, A

– C’est impossible!» s’écria Dolly ouvrant de grands yeux et contemplant A

«N’est-ce pas immoral? demanda-t-elle après un moment de silence.

– Pourquoi? N’oublie pas que j’ai le choix entre un état de souffrance et la possibilité d’être un camarade pour mon mari, car je le considère comme tel; si le point est discutable en ce qui te concerne, il ne l’est pas pour moi. Je ne suis sa femme qu’autant qu’il m’aime, et il me faut entretenir cet amour.»

Dolly était en proie aux réflexions sans nombre que ces confidences faisaient naître dans son esprit. «Je n’ai pas cherché à retenir Stiva, pensait-elle, mais celle qui me l’a enlevé y a-t-elle réussi? elle était pourtant jeune et jolie, ce qui n’a pas empêché Stiva de la quitter aussi! Et le comte sera-t-il retenu par les moyens qu’emploie A

«Tu dis que c’est immoral, reprit A

– C’est pourquoi tu dois demander le divorce.»

A

«La raison m’a été do

«Comment peut-on être coupable à l’égard de créatures qui n’existent pas?» pensait Dolly en secouant la tête pour chasser l’idée bizarre que pour Grisha, son bien-aimé, il aurait peut-être mieux valu ne pas naître.

«Je t’avoue que, selon moi, c’est mal, dit-elle avec une expression de dégoût.

– Songe à la différence qui existe entre nous deux: pour toi, il ne peut s’agir que de savoir si tu désires encore avoir des enfants; pour moi, il s’agit de savoir s’il m’est permis d’en avoir.»

Dolly se tut, et elle comprit tout à coup l’abîme qui la séparait d’A

XXIV

«Raison de plus pour régulariser la situation, si c’est possible.

– Oui, si c’est possible, répondit A

– On me disait que ton mari y consentait.

– Dolly, ne parlons pas de cela.

– Comme tu veux, répondit celle-ci, frappée de la douleur profonde qui se peignit sur les traits d’A

– Nullement, je suis heureuse et contente. Je fais même des passions; – as-tu remarqué Weslowsky?

– Le ton de Weslowsky me déplaît fort, à dire vrai.

– Pourquoi? l’amour-propre d’Alexis en est chatouillé, voilà tout, et pour moi je fais de cet enfant ce que je veux, comme toi avec Grisha; non, Dolly, je ne vois pas tout en noir, mais je cherche à ne rien voir, tant je trouve tout terrible.

– Tu as tort, tu devrais faire le nécessaire.

– Quoi? épouser Alexis? Crois-tu donc réellement que je n’y songe pas? Mais quand cette pensée s’empare de moi, elle m’affole, et je ne parviens à me calmer qu’avec de la morphine, dit-elle en se levant, puis marchant de long en large en s’arrêtant par moments. Mais d’abord il ne consentira pas au divorce, parce qu’il est sous l’influence de la comtesse Lydie.

– Il faut essayer, dit Dolly avec douceur, suivant A

– Admettons que j’essaye, que je l’implore comme une coupable, admettons même qu’il consente.» A

«Je n’aime qu’eux au monde et ne puis les réunir! Le reste m’est égal! Cela finira d’une façon quelconque, mais je ne puis, je ne veux pas aborder ce sujet. Tu ne saurais imaginer ce que je souffre!»

Elle s’assit près de Dolly et lui prit la main.

«Ne me méprise pas, je ne le mérite pas; mais plains-moi, car il n’y a pas de femme plus malheureuse…» Et elle se mit à pleurer.

Quand A

A