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«Ne t’en va pas encore. Il ne viendra pas de sitôt.»
Sa mère s’éloigna d’elle un instant pour le regarder et tâcher de comprendre s’il pensait bien ce qu’il disait; à l’air effrayé de l’enfant, elle sentit qu’il parlait bien réellement de son père.
«Serge, mon ami, dit-elle, aime-le: il est meilleur que moi, et je suis coupable envers lui. Quand tu seras grand, tu jugeras.
– Perso
– Ma petite âme, mon chéri!» balbutia A
En ce moment la porte s’ouvrit, et Wassili Loukitch entra; on entendait déjà d’autres pas, et la bo
Quoiqu’elle eût affirmé, une minute auparavant, qu’il était meilleur qu’elle, le regard rapide qu’elle jeta sur toute la perso
Dans sa hâte, elle avait laissé dans la voiture les joujoux choisis la veille avec tant de tristesse et d’amour, et les rapporta à l’hôtel.
XXXI
A
La femme de chambre française qu’elle avait ramenée de l’étranger entra pour prendre ses ordres; A
La nourrice italie
Toutes les forces d’une tendresse inassouvie s’étaient jadis concentrées sur son fils, l’enfant d’un homme qu’elle n’aimait cependant pas, et jamais sa fille, née dans les plus tristes conditions, n’avait reçu la centième partie des soins prodigués par elle à Serge. La petite fille ne lui représentait d’ailleurs que des espérances, tandis que Serge était presque un homme, co
Après avoir rendu la petite à sa nourrice et les avoir congédiées, A
C’était un portrait de Wronsky fait à Rome, en cheveux longs et chapeau mou.
«Le voilà», se dit-elle et, en le regardant, elle se rappela soudain qu’il était l’auteur de toutes ses souffrances.
Elle n’avait pas pensé à lui de toute la matinée, mais la vue de ce mâle et noble visage, qu’elle co
«Où est-il? Pourquoi me laisse-t-il seule ainsi en proie à ma douleur?» se demanda-t-elle avec amertume, oubliant qu’elle lui dissimulait avec soin tout ce qui concernait son fils. Aussitôt elle l’envoya prier de monter, et attendit, le cœur serré, les paroles de tendresse dont il chercherait à la consoler. Le domestique revint lui dire que Wronsky avait du monde et qu’il faisait demander si elle pouvait le recevoir avec le prince Yavshine, nouvellement arrivé à Pétersbourg. «Il ne viendra pas seul, et il ne m’a pas vue depuis hier, au moment de dîner!» pensa-t-elle; «je ne pourrai rien lui dire, puisqu’il sera avec Yavshine» Et une idée cruelle lui traversa l’esprit: «S’il avait cessé de m’aimer!»
Elle repassa aussitôt dans sa mémoire tous les incidents des jours précédents; elle y trouvait des confirmations de cette pensée terrible. La veille, il n’avait pas dîné avec elle; il n’habitait pas le même appartement, et maintenant il venait en compagnie, comme s’il eût craint un tête-à-tête.
«Mais son devoir est de me l’avouer, le mien de m’éclairer! Si c’est vrai, je sais ce qui me reste à faire», se dit-elle, bien que hors d’état d’imaginer ce qu’elle deviendrait si l’indifférence de Wronsky était prouvée. Cette terreur voisine du désespoir lui do
En entrant au salon, ce fut Yavshine qu’elle aperçut d’abord, examinant les portraits de Serge qu’elle avait oubliés sur la table.
«Nous sommes d’ancie
– J’en suis fâché, car mes goûts sont généralement mauvais», dit Yavshine mordant sa moustache gauche.
Après un moment de conversation, Yavshine, voyant Wronsky consulter sa montre, demanda à A