Добавить в цитаты Настройки чтения

Страница 51 из 112

XXIX

La pensée dominante d’A

Comment s’y prendre? Aller chez son mari au risque de n’être pas admise et de s’attirer peut-être un affront? Écrire à Alexis Alexandrovitch? C’était impossible, et cependant elle ne saurait se contenter de voir son fils en promenade, elle avait trop de baisers, de caresses à lui do

Ce fut pour elle une déception cruelle que de voir revenir son messager sans réponse. Jamais elle ne se sentit blessée, humiliée à ce point, et cependant elle comprenait que la comtesse pouvait avoir raison. Sa douleur fut d’autant plus vive qu’elle n’avait à qui la confier.

Wronsky ne la comprendrait même pas; il traiterait la chose comme de peu d’importance, et rien que l’idée du ton froid dont il en parlerait le lui faisait paraître odieux. Mais la crainte de le haïr était la pire de toutes. Aussi résolut-elle de lui cacher soigneusement ses démarches par rapport à l’enfant.

Toute la journée elle s’ingénia à imaginer d’autres moyens de joindre son fils, et se décida enfin au plus pénible de tous: écrire directement à son mari. Au moment où elle commençait sa lettre, on lui apporta la réponse de la comtesse Lydie. Elle s’était résignée au silence, mais l’animosité, l’ironie qu’elle lut entre les lignes de ce billet, la révoltèrent.

«Quelle cruauté! quelle hypocrisie! pensa-t-elle; ils veulent me blesser et tourmenter l’enfant! Je ne les laisserai pas faire! elle est pire que moi: du moins, moi, je ne mens pas!»

Aussitôt elle prit le parti d’aller le lendemain, a

A

Le lendemain matin, vers huit heures, A

«Va donc voir qui est là. On dirait une dame», dit Kapitonitch à son aide, un jeune garçon qu’A

Le remplaçant du suisse examina l’assignat et arrêta la visiteuse à la seconde porte.

«Qui demandez-vous?» dit-il.

Elle n’entendit rien et ne répondit pas.

Kapitonitch, remarquant le trouble de l’inco

«Je viens, de la part du prince Skaradoumof, voir Serge Alexéitch.

– Il n’est pas encore levé», répondit le suisse, examinant attentivement la dame voilée.

A

«Veuillez attendre,» dit le suisse en la débarrassant de son manteau. Au même moment il la reco

«Que Votre Excellence veuille bien entrer», lui dit-il.

Elle essaya de parler, mais la voix lui manqua et, jetant un regard suppliant au vieillard, elle monta l’escalier rapidement. Kapitonitch chercha à la rattraper et monta derrière elle, accrochant ses pantoufles à chaque marche.

«Le précepteur n’est peut-être pas habillé. Je vais le prévenir.»

A

«Par ici, à gauche. Excusez si tout est en désordre. Il a changé de chambre, disait le suisse essoufflé. Que Votre Excellence veuille attendre un moment; je vais regarder.» Et, ouvrant une grande porte, il disparut.

A

«Il vient de se réveiller», dit le suisse sortant par la même porte.

Et comme il parlait, A

«Laisse-moi, laisse-moi entrer!» balbutia-t-elle, entrant précipitamment.

À droite de la porte, sur le lit, un enfant en chemise de nuit, son petit corps penché en avant, achevait de bâiller en s’étirant; ses lèvres se fermèrent en dessinant un sourire à moitié endormi, et, toujours souriant, il retomba doucement sur son oreiller.

«Mon petit Serge», murmura-t-elle approchant du lit sans être entendue.

Depuis qu’ils étaient séparés, et dans ses effusions de tendresse pour l’absent, A

«Mon petit Serge!» répéta-t-elle à l’oreille de l’enfant.

Il se souleva sur son coude, tourna sa tête ébouriffée et, cherchant à comprendre, ouvrit les yeux. Pendant quelques secondes il regarda d’un œil interrogateur sa mère immobile près de lui, sourit de bonheur et, les yeux encore à demi fermés par le sommeil, se jeta, non plus sur son oreiller, mais dans ses bras.

«Serge! mon cher petit garçon!» balbutia-t-elle, étouffée par les larmes, serrant ce corps mignon dans ses deux bras.

«Maman!» murmura-t-il, remuant entre les mains de sa mère, comme pour mieux en sentir la pression.

Il saisit le dossier du lit d’une main, l’épaule de sa mère de l’autre et tomba sur elle. Son visage se frottait contre le cou et la poitrine d’A