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VI

À ce moment, un des officiants vint étendre au milieu de l’église un grand morceau d’étoffe rose, pendant que le chœur ento

Ils co

Un nouvel office commença, Kitty écouta les prières et chercha, sans y parvenir, à les comprendre. Plus la cérémonie avançait, plus son cœur débordait d’une joie triomphante qui empêchait son attention de se fixer.

On pria Dieu pour «que les époux eussent le don de sagesse et une nombreuse postérité», on rappela «que la première femme avait été tirée de la côte d’Adam», «que la femme devait quitter son père et sa mère pour ne faire qu’un avec son époux»; on pria Dieu «de les bénir comme Isaac et Rébecca, Moïse et Séphora, et de leur faire voir leurs enfants jusqu’à la troisième et la quatrième génération».

Quand le prêtre présenta les couro

«Mettez-la-moi», murmura celle-ci en souriant.

Levine se tourna de son côté, et, frappé du rayo

Ils écoutèrent, la joie au cœur, la lecture de l’épître et le roulement de la voix du diacre au dernier vers, fort apprécié du public étranger qui l’attendait avec impatience. Ils burent avec joie l’eau et le vin tièdes dans la coupe, et suivirent presque gaiement le prêtre lorsqu’il leur fit faire le tour du pupitre en tenant leurs mains dans les sie

Les couro

«Embrassez votre femme, et vous, embrassez votre mari», et il leur reprit les cierges.

Levine embrassa sa femme avec précaution, lui prit le bras et sortit de l’église, ayant l’impression nouvelle et étrange de se sentir tout à coup rapproché d’elle. Il n’avait pas cru jusqu’ici à la réalité de tout ce qui venait de se passer, et ne commença à y ajouter foi que lorsque leurs regards éto

Le même soir, après souper, les jeunes mariés partirent pour la campagne.

VII

Wronsky et A

Un imposant maître d’hôtel, aux cheveux bien pommadés et séparés par une raie qui partait du cou, en habit noir, large plastron de batiste, et breloques se balançant sur un ventre rondelet, répondait dédaigneusement, les mains dans ses poches, aux questions que lui adressait un monsieur.

Des pas sur l’escalier de l’autre côté du perron firent retourner le brillant majordome, et lorsqu’il aperçut le comte russe, locataire du plus bel appartement de l’hôtel, il retira respectueusement ses mains de ses poches, et prévint le comte, en saluant, que le courrier était venu a

«Très bien, dit Wronsky. Madame est-elle à la maison?

– Madame était sortie, mais elle vient de rentrer», répondit le maître d’hôtel.

Wronsky ôta son chapeau mou à larges bords, essuya de son mouchoir son front et ses cheveux rejetés en arrière qui dissimulaient sa calvitie, puis voulut passer, tout en jetant un regard distrait sur le monsieur arrêté à le contempler.

«Monsieur est russe et vous a demandé», dit le maître d’hôtel.

Wronsky se retourna encore une fois, e

«Golinitchef!

– Wronsky!»

C’était effectivement Golinitchef, un camarade de Wronsky au corps des pages: il y appartenait au parti libéral et en était sorti avec un grade civil sans aucune intention d’entrer au service. Depuis leur sortie du corps ils ne s’étaient rencontrés qu’une seule fois.

Wronsky, lors de cette unique rencontre, avait cru comprendre que son ancien camarade méprisait, du haut de ses opinions extra-libérales, la carrière militaire; il l’avait, en conséquence, traité froidement et avec hauteur, ce qui avait laissé Golinitchef indifférent, mais ne leur avait pas do

«Enchanté de te rencontrer! dit Wronsky avec un sourire amical qui découvrit ses belles dents.

– On m’a dit ton nom, je ne savais pas si c’était toi; très, très heureux…

– Mais entre donc. Que fais-tu ici?

– J’y suis depuis plus d’un an. Je travaille.

– Vraiment? dit Wronsky avec intérêt. Entrons donc.»

Et selon l’habitude propre aux Russes de parler français quand ils ne veulent pas être compris de leurs domestiques, il dit en français:

«Tu co

– Ah! Je ne savais pas (il le savait parfaitement), répondit celui-ci avec indifférence.

– Y a-t-il longtemps que tu es ici?

– Depuis trois jours», répondit Wronsky, continuant à observer son camarade.

«C’est un homme bien élevé, qui voit les choses dans leur véritable jour; on peut le présenter à A