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Le prêtre, en se retournant vers le pupitre, saisit avec difficulté le petit a
«Je t’unis, Constantin, serviteur de Dieu, à Catherine, servante de Dieu», et il répéta la même formule en passant un grand a
Les mariés cherchaient à comprendre ce que l’on voulait d’eux, mais se trompaient chaque fois, et le prêtre les corrigeait à voix basse. On souriait, on chuchotait autour d’eux tandis qu’ils restaient sérieux et graves.
«Ô Dieu qui, dès le commencement du monde, as créé l’homme, continua le prêtre, et lui as do
Levine sentait sa poitrine se gonfler, des larmes involontaires monter à ses yeux, et toutes ses pensées sur le mariage, sur l’avenir, se réduire à néant. Ce qui s’accomplissait pour lui avait une portée incomprise jusqu’ici, et qu’il comprenait moins que jamais.
V
Tout Moscou assistait au mariage. Dans cette foule de femmes parées et d’hommes en cravates blanches ou en uniformes, on chuchotait discrètement, les hommes surtout, car les femmes étaient absorbées par leurs observations sur les mille détails, pleins d’intérêt pour elles, de cette cérémonie.
Un petit groupe d’intimes entourait la mariée, et dans le nombre se trouvaient ses deux sœurs: Dolly et la belle madame Lwof arrivée de l’étranger.
«Pourquoi Mary est-elle en lilas à un mariage? c’est presque du deuil, disait Mme Korsunsky.
– Avec son teint, c’est seyant, répondit la Drubetzky. Mais pourquoi ont-ils choisi le soir pour la cérémonie? cela sent le marchand.
– C’est plus joli. Moi aussi, je me suis mariée le soir, dit la Korsunsky soupirant et se rappelant combien elle était belle ce jour-là et combien son mari était ridiculement amoureux! Tout cela était bien changé!
– On prétend que ceux qui ont été garçons d’ho
Celle-ci ne répondit que par un sourire. Elle regardait Kitty et pensait à ce qu’elle ferait quand, à son tour, elle serait avec Seniavine dans cette situation; combien elle lui reprocherait alors ses plaisanteries!
Cherbatzky confiait à une vieille demoiselle d’ho
«Pourquoi ce chignon? répondit-elle, bien décidée si le monsieur veuf, qu’elle voulait épouser, se soumettait au mariage, à se marier très simplement. Je n’aime pas ce faste.»
Serge Ivanitch plaisantait avec sa voisine et prétendait que si l’usage de voyager après le mariage était répandu, cela tenait à ce que les mariés semblaient généralement honteux de leur choix.
«Votre frère peut être fier, lui. Elle est ravissante. Vous devez lui porter envie!
– J’ai passé ce temps-là, Daria Dmitrievna,» répondit-il, et son visage exprima une tristesse soudaine.
Stépane Arcadiévitch racontait à sa belle-sœur son calembour sur le divorce.
«Il faudrait arranger sa couro
– Quel dommage qu’elle soit enlaidie, disait la comtesse Nordstone à Mme Lwof. Malgré tout, il ne vaut pas son petit doigt, n’est-ce pas?
– Je ne suis pas de votre avis, il me plaît beaucoup, et non pas seulement en qualité de beau-frère, répondit Mme Lwof. Comme il a bo
– Vous vous attendiez à ce mariage?
– Presque. Il l’a toujours aimée.
– Eh bien, nous allons voir qui des deux mettra le premier le pied sur le tapis. J’ai conseillé à Kitty de commencer.
– C’était inutile, répondit Mme Lwof: dans notre famille nous sommes toutes soumises à nos maris.
– Moi, j’ai fait exprès de prendre le pas sur le mien. Et vous, Dolly?»
Dolly les entendait sans répondre; elle était émue, des larmes remplissaient ses yeux, et elle n’aurait pu prononcer une parole sans pleurer. Heureuse pour Kitty et pour Levine, elle faisait des retours sur son propre mariage, et, jetant un regard sur le brillant Stépane Arcadiévitch, elle oubliait la réalité, et ne se souvenait plus que de son premier et i
Les sœurs et les amies n’étaient pas seules à suivre avec intérêt les moindres incidents de la cérémonie; des spectatrices étrangères étaient là, retenant leur haleine dans la crainte de perdre un seul mouvement des mariés, et répondant avec e
«Pourquoi est-elle si émue? La marie-t-on contre son gré?
– Contre son gré? un si bel homme. Est-il prince?
– Celle en satin blanc est la sœur. Écoute le diacre hurler: «Qu’elle craigne son mari».
– Les chantres sont-ils de Tchoudof [4]?
– Non, du synode.
– J’ai interrogé le domestique. Il dit que son mari l’emmène dans ses terres. Il est riche à faire peur, dit-on. C’est pour cela qu’on l’a mariée.
– Ça fait un joli couple.
– Et vous qui prétendiez, Marie Wassiliewna, qu’on ne portait plus de crinolines. Voyez donc celle-là, en robe puce, une ambassadrice, dit-on, comme elle est arrangée! Vous voyez bien?
– Quel petit agneau sans tache, que la mariée. On dira ce qu’on voudra, on se sent ému.»
Ainsi parlaient les spectatrices assez adroites pour avoir dépassé la porte.
[4] Couvent d’hommes, célèbre par ses chantres.