Страница 95 из 108
– C’est bon, c’est bon. Ah! mon Dieu! s’écria-t-elle tout à coup en se tournant vers la maîtresse de la maison, j’oubliais de vous dire, étourdie que je suis!… Je vous amène un hôte. Et le voilà.»
Le jeune hôte a
C’était le nouvel adorateur de Sapho, et, à l’exemple de Waska, il suivait tous ses pas.
À ce moment entrèrent le prince Kalougof et Lise Merkalof avec Strémof. Lise était une brune un peu maigre, à l’air indolent, au type oriental, avec des yeux que tout le monde assurait être impénétrables; sa toilette de nuance foncée, qu’A
Betsy, en parlant d’elle, lui avait reproché ses airs d’enfant i
«Ah! que je suis contente de vous voir, dit-elle en s’approchant; hier soir, aux courses, je voulais arriver jusqu’à vous,… vous veniez précisément de partir. N’est-ce pas, que c’était horrible? dit-elle avec un regard qui semblait lui ouvrir son cœur.
– C’est vrai, je n’aurais jamais cru que cela pût émouvoir à ce point,» répondit A
Les joueurs de croquet se levèrent pour aller au jardin.
«Je n’irai pas, dit Lise en s’asseyant plus près d’A
– Mais j’aime assez cela, dit A
– Comment, dites-moi, comment faites-vous pour ne pas vous e
– Vous vous e
– Peut-être ceux auxquels nous paraissons si gais s’e
Sapho alluma une cigarette, et, suivie des jeunes gens, s’en alla au jardin, Betsy et Strémof restèrent près de la table à thé.
«Je vous le redemande, reprit Lise: comment faites-vous pour ne pas co
– Mais je ne fais rien, dit A
– C’est ce qu’on peut faire de mieux,» dit Strémof en se mêlant à la conversation.
C’était un homme d’une cinquantaine d’a
«Le meilleur des moyens est de ne rien faire, continua-t-il avec son sourire intelligent. – Je vous le répète depuis longtemps. Il suffit pour ne pas s’e
– Je serais ravie d’avoir effectivement dit cela, reprit A
– Mais pourquoi, dites-moi, est-il aussi difficile de s’endormir que de ne pas s’e
– Pour dormir, il faut avoir travaillé, et pour s’amuser aussi.
– Quel travail pourrais-je bien faire, moi dont le travail n’est bon à perso
– Vous êtes incorrigible», dit Strémof en s’adressant encore à A
«Ne partez pas, je vous en prie,» dit Lise en apprenant qu’A
«Vous trouverez un contraste trop grand entre la société d’ici et celle de la vieille Wrede, dit-il; et puis vous ne lui serez qu’un sujet de médisances, tandis que vous éveillez ici des sentiments très différents!»
A
XIX
Malgré sa vie mondaine et son apparente légèreté, Wronsky avait horreur du désordre. Un jour, étant jeune et encore au corps des pages, il se trouva à court d’argent, et essuya un refus lorsqu’il voulut en emprunter. Depuis lors il s’était juré de ne plus s’exposer à cette humiliation, et se tint parole. Cinq ou six fois par an, il faisait ce qu’il appelait sa lessive, et gardait ainsi ses affaires en ordre.
Le lendemain des courses, s’étant réveillé tard, Wronsky avant son bain, et sans se raser, endossa un sarrau de soldat, et procéda au classement de ses comptes et de son argent. Pétritzky, co
Tout homme dont l’existence est compliquée croit aisément que les difficultés de la vie sont une malechance perso
Il écrivit de son écriture fine un état de ses dettes, et trouva un total de plus de 17 000 roubles, tandis que tout son avoir ne montait qu’à 1800 roubles, sans aucune rentrée à toucher avant le jour de l’an. Wronsky fit alors une classification de ses dettes, et établit trois catégories: d’abord les dettes urgentes, qui montaient à environ 4000 roubles, dont 1500 pour son cheval et 2000 pour payer un escroc qui les avait fait perdre à un de ses camarades. Cette dette ne le concernait pas directement, puisqu’il s’était simplement porté caution pour un ami, mais il tenait, en cas de réclamation, à pouvoir jeter cette somme à la tête du fripon qui l’avait escroquée.