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«C’est bien lui! Levine, enfin! s’écria-t-il avec un sourire affectueux, quoique légèrement moqueur, en regardant Levine qui s’approchait. – Comment, tu ne fais pas le dégoûté, et tu viens me chercher dans ce mauvais lieu? dit-il, ne se contentant pas de serrer la main de son ami, mais l’embrassant avec effusion. – Depuis quand es-tu ici?

– J’arrive et j’avais grande envie de te voir, répondit Levine timidement, en regardant autour de lui avec méfiance et inquiétude.

– Eh bien, allons dans mon cabinet,» dit Stépane Arcadiévitch qui co

Stépane Arcadiévitch tutoyait presque toutes ses co

«Nous t’attendions depuis longtemps, dit Stépane Arcadiévitch en entrant dans son cabinet et en lâchant la main de Levine comme pour prouver qu’ici tout danger cessait. Je suis bien heureux de te voir, continua-t-il. Eh bien, comment vas-tu? que fais-tu? quand es-tu arrivé?»

Levine se taisait et regardait les figures inco

«Permettez-moi, messieurs, de vous faire faire co

– Charmé, répondit le plus âgé.

– J’ai l’ho

Le visage de Levine se rembrunit; il serra froidement la main qu’on lui tendait, et se tourna vers Oblonsky. Quoiqu’il eût beaucoup de respect pour son demi-frère, l’écrivain co

«Non, je ne m’occupe plus d’affaires. Je me suis brouillé avec tout le monde et ne vais plus aux assemblées, dit-il en s’adressant à Oblonsky.

– Cela s’est fait bien vite, s’écria celui-ci en souriant. Mais comment? pourquoi?

– C’est une longue histoire que je te raconterai quelque jour, répondit Levine, ce qui ne l’empêcha pas de continuer. – Pour être bref, je me suis convaincu qu’il n’existe et ne peut exister aucune action sérieuse à exercer dans nos questions provinciales. D’une part, on joue au parlement, et je ne suis ni assez jeune ni assez vieux pour m’amuser de joujoux, et d’autre part c’est – il hésita – un moyen pour la coterie du district de gagner quelques sous. Autrefois il y avait les tutelles, les jugements; maintenant il y a le semstvo, non pas pour y prendre des pots de vin, mais pour en tirer des appointements sans les gagner.» Il dit ces paroles avec chaleur et de l’air d’un homme qui croit que son opinion trouvera des contradicteurs.

«Hé, hé! Mais te voilà, il me semble, dans une nouvelle phase: tu deviens conservateur! dit Stépane Arcadiévitch. Au reste, nous en reparlerons plus tard.

– Oui, plus tard. Mais j’avais besoin de te voir,» dit Levine en regardant toujours avec haine la main de Grinewitch.

Stépane Arcadiévitch sourit imperceptiblement.

«Et tu disais que tu ne porterais plus jamais d’habit européen? dit-il en examinant les vêtements tout neufs de son ami, œuvre d’un tailleur français. Je le vois bien, c’est une nouvelle phase.»

Levine rougit tout à coup, non comme fait un homme mûr, sans s’en apercevoir, mais comme un jeune garçon qui se sent timide et ridicule, et qui n’en rougit que davantage. Cette rougeur enfantine do

«Mais où donc nous verrons-nous? J’ai bien besoin de causer avec toi,» dit Levine.

Oblonsky réfléchit.

«Sais-tu? nous irons déjeuner chez Gourine et nous y causerons; je suis libre jusqu’à trois heures.

– Non, répondit Levine après un moment de réflexion, il me faut faire encore une course.

– Eh bien alors, dînons ensemble.

– Dîner? mais je n’ai rien de particulier à te dire, rien que deux mots à te demander; nous bavarderons plus tard.

– Dans ce cas, dis les deux mots tout de suite, nous causerons à dîner.

– Ces deux mots, les voici, dit Levine; au reste, ils n’ont rien de particulier.»

Son visage prit une expression méchante qui ne tenait qu’à l’effort qu’il faisait pour vaincre sa timidité.

«Que font les Cherbatzky? Tout va-t-il comme par le passé?»