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J’allais presque tous les dimanches passer la journée aux Pâquis chez M. Fazy, qui avait épousé une de mes tantes et qui avait là une fabrique d’indie
Magnanima menzôgna! or quando è il vero
Si bello che si possa a te preporre?
Cet accident me fut pourtant bien sensible par la circonstance, car c’était le temps des exercices où l’on faisait manœuvrer la bourgeoisie, et nous avions fait un rang de trois autres enfants de mon âge avec lesquels je devais en uniforme faire l’exercice avec la compagnie de mon quartier. J’eus la douleur d’entendre le tambour de la compagnie passant sous ma fenêtre avec mes trois camarades, tandis que j’étais dans mon lit.
Mon autre histoire est toute semblable, mais d’un âge plus avancé.
Je jouais au mail à Plain-Palais avec un de mes camarades appelé Pleince. Nous prîmes querelle au jeu, nous nous battîmes et durant le combat il me do
Je gardai le même secret sur cet accident que sur l’autre, et il m’en est arrivé cent autres de pareille nature en ma vie, dont je n’ai pas même été tenté de parler dans mes Confessions, tant j’y cherchais peu l’art de faire valoir le bien que je sentais dans mon caractère. Non, quand j’ai parlé contre la vérité qui m’était co
Il suit de toutes ces réflexions que la profession de véracité que je me suis faite a plus son fondement sur des sentiments de droiture et d’équité que sur la réalité des choses, et que j’ai plus suivi dans la pratique les directions morales de ma conscience que les notions abstraites du vrai et du faux. J’ai souvent débité bien des fables, mais j’ai très rarement menti. En suivant ces principes j’ai do
Je ne sens pourtant pas mon cœur assez content de ces distinctions pour me croire tout à fait irrépréhensible. En pesant avec tant de soin ce que je devais aux autres, ai-je assez examiné ce que je me devais à moi-même? S’il faut être juste pour autrui, il faut être vrai pour soi, c’est un hommage que l’ho
Mais ce qui me rend plus inexcusable est la devise que j’avais choisie. Cette devise m’obligeait plus que tout autre homme à une profession plus étroite de la vérité, et il ne suffisait pas que je lui sacrifiasse partout mon intérêt et mes penchants, il fallait lui sacrifier aussi ma faiblesse et mon naturel timide. Il fallait avoir le courage et la force d’être vrai toujours, en toute occasion, et qu’il ne sortît jamais ni fiction ni fable d’une bouche et d’une plume qui s’étaient particulièrement consacrées à la vérité. Voilà ce que j’aurais dû me dire en prenant cette fière devise, et me répéter sans cesse tant que j’osai la porter. Jamais la fausseté ne dicta mes mensonges, ils sont tous venus de faiblesse, mais cela m’excuse très mal. Avec une âme faible on peut tout au plus se garantir du vice, mais c’est être arrogant et téméraire d’oser professer de grandes vertus.
Voilà des réflexions qui probablement ne me seraient jamais venues dans l’esprit si l’abbé Rosier ne me les eût suggérées. Il est bien tard, sans doute, pour en faire usage; mais il n’est pas trop tard au moins pour redresser mon erreur et remettre ma volonté dans la règle: car c’est désormais tout ce qui dépend de moi. En ceci donc et en toutes choses semblables la maxime de Solon est applicable à tous les âges, et il n’est jamais trop tard pour apprendre, même de ses e