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Il venait d’apercevoir une difficulté imprévue, et dans sa pensée presque insurmontable.

– Avons-nous des intelligences dans la citadelle? murmura-t-il. Le concours d’un subalterne, d’un geôlier ou d’un soldat nous est indispensable.

Il se retourna vers son père, et brusquement:

– Avez-vous, lui demanda-t-il, un homme sur qui on puisse compter absolument?

– J’ai trois ou quatre espions… on pourrait les tâter…

– Jamais! le misérable qui trahit ses camarades pour quelques sous, nous trahirait pour quelques louis… Il nous faut un ho

Il tomba dans une rêverie profonde, en proie évidemment aux pires perplexités…

– Qui veut agir doit se confier à quelqu’un, murmurait-il, et ici une indiscrétion perd tout!…

De même que Martial, Marie-A

– Je co

– Vous!

– Oui, moi!… À la citadelle!…

– Prenez garde!… Songez bien qu’il nous faut un brave capable de se dévouer et de risquer beaucoup… Il est clair que l’évasion venant à être découverte, les instruments seraient sacrifiés.

– Celui dont je vous parle est tel que vous le voulez… Je réponds de lui.

– Et c’est un soldat?…

– C’est un humble caporal… Mais par la noblesse de son cœur il est digne des plus hauts grades… Croyez-moi, monsieur le marquis, nous pouvons nous confier à lui sans crainte.

Si elle parlait ainsi, elle qui eût do

Ainsi pensa Martial.

– Je m’adresserai donc à cet homme, fit-il, comment le nommez-vous?

– Il s’appelle Bavois et il est caporal à la 1re compagnie des grenadiers de la légion de Montaignac.

– Bavois!… répéta Martial, comme pour se bien fixer ce nom dans la mémoire, Bavois!… Mon père trouvera bien quelque prétexte pour le faire appeler.

– Oh! le prétexte est tout trouvé, monsieur le marquis. C’est ce brave soldat qui avait été laissé en observation à Escorval, après la visite domiciliaire…

– Tout va donc bien de ce côté, fit Martial, poursuivons…

Il s’était levé et il était allé s’adosser à la cheminée, se rapprochant ainsi de son père.

– Je suppose, monsieur, commença-t-il, que le baron d’Escorval a été séparé des autres condamnés…

– En effet… il est seul dans une chambre spacieuse et fort convenable.

– Où est-elle située, je vous prie?

– Au second étage de la tour plate.

Mais Martial n’était pas aussi bien que son père au fait des êtres de la citadelle de Montaignac; il fut un moment à chercher dans ses souvenirs.

– La tour plate, fit-il, n’est-ce pas cette tour si grosse qu’on aperçoit de si loin, et qui est construite à un endroit où le rocher est presque à pic?

– Précisément.

À l’empressement que M. de Sairmeuse mettait à répondre, empressement bien loin de son caractère si fier, il était aisé de comprendre qu’il était prêt à tenter beaucoup pour la délivrance du condamné à mort.

– Comment est la fenêtre de la chambre du baron? continua Martial.

– Assez grande… haute surtout… elle n’a pas d’abat-jour comme les fenêtres des cachots, mais elle est garnie de deux rangs de barres de fer croisées et scellées profondément dans le mur.

– Bast!… on vient aisément à bout d’une barre de fer avec une bo

– Elle do

– C’est-à-dire sur le précipice… Diable!… c’est une difficulté cela… il est vrai que d’un autre côté c’est un avantage. Place-t-on des factio

– Jamais… À quoi bon… Entre la maço

Martial s’arrêta, cherchant s’il n’oubliait rien.

– Encore une question importante, reprit-il. À quelle hauteur est la fenêtre de la chambre de M. d’Escorval?

– Elle est à quarante pieds environ de l’entablement…

– Bon!… Et de cet entablement au bas du rocher, combien y a-t-il?

– Ma foi!… je ne sais pas trop… Une soixantaine de pieds au moins.

– Ah!… c’est haut!… c’est terriblement haut!… Le baron, par bonheur, est encore leste et vigoureux… puis il n’y a pas d’autre moyen.

Il était temps que l’interrogatoire finît, M. de Sairmeuse commençait à s’impatienter.

– Maintenant, dit-il à son fils, me ferez-vous l’ho

Après avoir mis, en commençant, une certaine âpreté à ses questions, Martial, insensiblement, était revenu à ce ton railleur et léger qui avait le don d’exaspérer si fort M. de Sairmeuse.

– Il est sûr du succès, pensa Marie-A

– Mon plan, disait Martial, est la simplicité même… Soixante et quarante font cent… Il s’agit de se procurer cent pieds de bo

M. de Sairmeuse haussait les épaules.

– Et comment vous procurerez-vous cent pieds de corde, dit-il, à cette heure, à Montaignac?… Allez-vous courir de boutique en boutique? Autant publier votre projet à son de trompe.

– Ce que je ne puis faire, monsieur, les amis de la famille d’Escorval le feront…

Le duc allait élever de nouvelles objections, il l’interrompit.

– De grâce, monsieur, fit-il avec vivacité, n’oubliez pas quel danger nous menace et combien peu de temps nous avons… J’ai commis la faute, laissez-moi la réparer…

Et se retournant vers Marie-A

– Vous pouvez considérer le baron comme sauvé, poursuivit-il, mais il faut que je m’entende avec un de vos amis… Retournez vite à l’hôtel de France et envoyez le curé de Sairmeuse me rejoindre sur la place d’Armes, où je vais l’attendre…