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– Mais alors vous ne pourriez rien voir, ni faire de relèvements géographiques, ni reco

– Aussi, répondit le docteur, si je suis maître de mon ballon, si je monte ou descends à ma volonté, je m’arrêterai quand bon me semblera, surtout lorsque des courants trop violents menaceront de m’entraîner.

– Et vous en rencontrerez, dit le commandant Pe

– Vous le voyez, répliqua le docteur, avec une telle rapidité, on traverserait l’Afrique en douze heures; on se lèverait à Zanzibar pour aller se coucher à Saint-Louis.

– Mais, reprit un officier, est-ce qu’un ballon pourrait être entraîné par une vitesse pareille?

– Cela s’est vu, répondit Fergusson.

– Et le ballon a résisté?

– Parfaitement. C’était à l’époque du couro

– Un ballon, oui; mais un homme, se hasarda à dire Ke

– Mais un homme aussi! Car un ballon est toujours immobile par rapport à l’air qui l’enviro

– Ah! monsieur Ke

– Sans compter, reprit un autre, que votre plaisir sera doublé d’une grande gloire.

– Messieurs, répondit le chasseur, je suis fort sensible à vos compliments… mais il ne m’appartient pas de les recevoir…

– Hein! fit-on de tous côtés vous ne partirez pas?

– Je ne partirai pas.

– Vous n’accompagnerez pas le docteur Fergusson?

– Non seulement je ne l’accompagnerai pas, mais je ne suis ici que pour l’arrêter au dernier moment.»

Tous les regards se dirigèrent vers le docteur.

«Ne l’écoutez pas, répondit-il avec son air calme. C’est une chose qu’il ne faut pas discuter avec lui; au fond il sait parfaitement qu’il partira.

– Par saint Patrick! s’écria Ke

– N’atteste rien, ami Dick; tu es jaugé, tu es pesé, toi, ta poudre, tes fusils et tes balles; ainsi n’en parlons plus.»

Et de fait, depuis ce jour jusqu’à l’arrivée à Zanzibar, Dick n’ouvrit plus la bouche; il ne parla pas plus de cela que d’autre chose. Il se tut.

IX

On double le cap. – Le gaillard d’avant – Cours de cosmographie par le professeur Joe. – De la direction des ballons. – De la recherche des courants atmosphériques. – Eυρηχα.

Le Resolute filait rapidement vers le cap de Bo

Le 30 mars, vingt-sept jours après le départ de Londres, la montagne de la Table se profila sur l’horizon; la ville du Cap, située au pied d’un amphithéâtre de collines, apparut au bout des lunettes marines, et bientôt le Resolute jeta l’ancre dans le port. Mais le commandant n’y relâchait que pour prendre du charbon; ce fut l’affaire d’un jour; le lendemain, le navire do

Joe n’en était pas à son premier voyage sur mer; il n’avait pas tardé à se trouver chez lui à bord. Chacun l’aimait pour sa franchise et sa bo

Or, tandis que le docteur poursuivait le cours de ses descriptions dans le carré des officiers, Joe trônait sur le gaillard d’avant, et faisait de l’histoire à sa manière, procédé suivi d’ailleurs par les plus grands historiens de tous les temps.

Il était naturellement question du voyage aérien. Joe avait eu de la peine à faire accepter l’entreprise par des esprits récalcitrants; mais aussi, la chose une fois acceptée, l’imagination des matelots, stimulée par le récit de Joe, ne co

L’éblouissant conteur persuadait à son auditoire qu’après ce voyage-là on en ferait bien d’autres. Ce n’était que le commencement d’une longue série d’entreprises surhumaines.

«Voyez-vous, mes amis, quand on a goûté de ce genre de locomotion, on ne peut plus s’en passer; aussi, à notre prochaine expédition, au lieu d’aller de côté, nous irons droit devant nous, en montant toujours.

– Bon! dans la lune alors, dit un auditeur émerveillé.

– Dans la lune! riposta Joe; non, ma foi, c’est trop commun! tout le monde y va dans la lune. D’ailleurs, il n’y a pas d’eau, et on est obligé d’en emporter des provisions énormes, et même de l’atmosphère en fioles, pour peu qu’on tie

– Bon! si on y trouve du gin! dit un matelot fort amateur de cette boisson.

– Pas davantage, mon brave. Non! point de lune; mais nous nous promènerons dans ces jolies étoiles, dans ces charmantes planètes dont mon maître m’a parlé si souvent. Ainsi, nous commencerons par visiter Saturne…

– Celui qui a un a

– Oui! un a

– Comment! vous iriez si haut que cela? fit un mousse stupéfait. C’est donc le diable, votre maître?

– Le diable! il est trop bon pour cela!

– Mais après Saturne? demanda l’un des plus impatients de l’auditoire.

– Après Saturne? Eh bien, nous rendrons visite à Jupiter; un drôle de pays, allez, où les journées ne sont que de neuf heures et demie, ce qui est commode pour les paresseux, et où les a