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Le pauvre soldat tomba sur le sol humide, sans se faire mal toutefois. La lampe bleue continuait à briller; mais en quoi cela pourrait-il l’aider? Il crut bien qu’il n’échapperait pas à la mort. Triste, il s’assied un moment, puis il fouilla dans sa poche et y trouva sa pipe encore à moitié pleine. «Ce sera mon dernier plaisir», se dit-il. Il prit la pipe, l’alluma à la flamme de la lampe bleue, et commença à fumer. Alors que les volutes s’élevaient dans le puits, un génie apparut devant le soldat et lui demanda: «Maître, qu’elles sont tes ordres?». «Que m’est-il possible de t’ordo
Le génie le prit par la main et le conduisit au travers d’un passage secret. Il n’oublia pas d’emporter la lampe bleue. Il lui montra en chemin les trésors que la sorcière avait accumulés et cachés là. Le soldat ramassa autant d’or qu’il pouvait en emporter. Quand il arriva en haut, il dit au génie: «Maintenant va, capture la sorcière, et amène-la devant le tribunal.» Peu après, elle passa rapide comme le vent, un chat sauvage en guise de monture, en poussant des cris effroyables. Le génie ne tarda pas à revenir, et dit: «La cause a été entendue, et la sorcière sera bientôt sur le bûcher. Maître, que désires-tu encore.» «Pour l’instant, rien», répondit le soldat. «Tu peux retourner chez toi; mais tiens-toi prêt à venir si je t’appelle.» «Ce ne sera pas nécessaire, dit le génie, puisque tu n’as qu’à allumer ta pipe avec la lampe bleue pour que j’apparaisse juste devant toi». Là-dessus, il disparut.
Le soldat retourna dans la ville d’où il venait. Il descendit dans la meilleure auberge et se fit faire de beaux habits. Puis il demanda à l’aubergiste de lui aménager une chambre le plus magnifiquement possible. Lorsque cela fut fait, il appela le génie et lui dit: «J’ai servi le roi fidèlement, mais il m’a renvoyé et laissé affamé, sans gagne-pain. Pour cela, je me vengerai.» «Que puis-je faire?», demanda le génie. «Cette nuit, lorsque la princesse sera au lit, amène-là ici encore endormie; elle devra être ma servante.» Le génie répondit: «Pour moi c’est très facile, mais pour toi c’est plutôt dangereux. Si on venait à l’apprendre, ça irait très mal pour toi.»
Lorsque minuit so
Le lendemain matin, lorsque la princesse se leva, elle alla voir son père et lui raconta qu’elle avait fait un rêve étrange: «Je défilais dans des rues à la vitesse de l’éclair et je me retrouvais dans la chambre d’un soldat. J’étais sa servante et devais faire toutes sortes de travaux ménagers: balayer la chambre, nettoyer les bottes… Ce n’était qu’un rêve, et pourtant je me sens si fatiguée, comme si j’avais vraiment fait tout cela!» «Mais peut-être n’était-ce pas un rêve», dit le roi. «Je vais te do
Tandis que le roi parlait, le génie se tenait là, invisible, écoutant tout. La nuit, comme la princesse se faisait transporter dans les rues, tous les petits pois tombèrent de ses poches. Mais ils ne laissèrent pas de piste puisque le génie avait répandu des pois dans toutes les rues. La princesse dut encore faire la servante jusqu’au chant du coq.
Au matin, le roi envoya ses gardes pour qu’ils suivent les traces; mais c’était peine perdue! Dans toutes les rues, des enfants pauvres étaient assis et mangeaient les petits pois en disant: «Cette nuit, il a plu des petits pois». «Nous devrons trouver autre chose», se dit le roi. Il s’adressa à la princesse: «Garde tes souliers lorsque tu iras te coucher. Et avant que tu ne revie
Le lendemain matin, le roi fit rechercher le soulier de sa fille dans toute la ville; il fut retrouvé chez le soldat. Celui-ci, avec l’aide des gens de la rue, avait déjà fui jusqu’aux portes de la ville. Il fut bientôt arrêté et jeté en prison. Dans sa fuite, le soldat avait oublié d’emporter ce qu’il avait de plus précieux: la lampe bleue, et son or. Il ne lui restait qu’un écu dans sa poche.
Tandis qu’il se tenait à la fenêtre de sa prison, le soldat vit un de ses amis qui passait dehors. Il frappa à la fenêtre pour le faire s’approcher et lui dit: «Sois bon et rapporte-moi le balluchon que j’ai laissé à l’auberge; pour cela, je te do
Le jour suivant, on tint un procès contre le soldat, et bien qu’il n’eût rien fait de bien méchant, le juge le condamna à mort. Alors qu’on l’amenait dehors, le soldat demanda au roi une dernière faveur. «Quelle est-elle?», demanda le roi. «J’aimerais pouvoir fumer ma pipe sur le chemin de la potence». «Tu peux la fumer», répondit le roi.» «Et trois fois plutôt qu’une. Mais ne va surtout pas croire que je te laisserai la vie sauve.»
Alors le soldat sortit sa pipe et l’alluma à l’aide de lampe bleue. Et à peine deux ronds de fumée s’étaient-ils envolés que, déjà, le génie se tenait là, un gourdin à la main. Il dit: «Que désires-tu, mon Maître?» «Do