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Jakob et Wilhelm Grimm
Contes Merveilleux Tome II
La Huppe et le butor
Où menez-vous de préférence pacager votre troupeau? demanda quelqu’un à un vieux vacher.
– Par ici, monsieur, où l’herbe n’est ni trop grasse, ni trop maigre; autrement, ce n’est pas bon pour elles.
– Et pourquoi pas? s’éto
L’Intelligente fille du paysan
Il était une fois un pauvre paysan qui n’avait pas de terre, seulement une petite chaumière et une fille, enfant unique, qui lui dit un jour – «Nous devrions bien demander un bout de terre à cultiver, dans ses essarts, à notre seigneur le roi.» Sa Majesté, ayant appris quelle était leur pauvreté, leur fit don d’un coin de pré plutôt que d’une terre de friche, et tous deux, le père et sa fille, se mirent à labourer cette terre, afin d’y semer un peu de blé et d’autres choses. Ils allaient terminer ce labour, quand ils tombèrent sur un superbe mortier d’or pur qui était enfoui dans la terre.
– Écoute, dit le père à sa fille, puisque Sa Majesté le roi, dans sa grâce, nous a fait don de ce bout de terre, nous devrions, nous, lui porter le mortier. La fille s’y opposa et lui dit -
– Père, nous avons le mortier, c’est vrai, mais nous n’avons pas le pilon; et comme on nous réclamera forcément le pilon avec le mortier, nous ferions beaucoup mieux de ne rien dire. Le père ne voulut rien entendre, prit le mortier et le porta à Sa Majesté le roi, en lui disant qu’il avait trouvé cet objet dans son bout de pré en le labourant, et qu’il voulait le lui offrir comme un respectueux témoignage de sa reco
– Non, dit le paysan. Le roi lui dit qu’il lui fallait aussi apporter le pilon. Mais le paysan eut beau affirmer et soutenir qu’il ne l’avait pas trouvé, cela ne servit pas plus que s’il eût jeté ses paroles au vent; et il fut arrêté et jeté en prison, où il devait rester tant que le pilon n’aurait pas été retrouvé. Il était au pain sec et à l’eau comme le sont les gens qu’on met au cachot, et les serviteurs qui apportaient chaque jour sa nourriture au priso
– Ta fille, qu’est-ce qu’elle t’avait dit? voulut savoir le roi. – Eh bien oui, dit le paysan, ma fille me l’avait bien dit. «N’apporte pas le mortier, sinon on va te réclamer le pilon.» – Quelle fille intelligente tu as! Il faut que je la voie une fois, dit le roi.
Elle dut donc comparaître devant Sa Majesté, qui lui demanda si elle était aussi intelligente que cela, et qui lui dit qu’il avait une énigme à lui proposer. si elle savait y répondre, il serait prêt à l’épouser. Elle répondit aussitôt que oui, qu’elle voulait deviner.
– Bien, dit le roi, je t’épouserai si tu peux venir vers moi ni habillée, ni nue, ni à cheval, ni en voiture, ni par la route, ni hors de la route. Elle s’en alla, et une fois chez elle, elle se mit nue comme un ver; ainsi elle n’était donc pas habillée. Elle prit alors un filet de pêche, dans lequel elle se mit et s’enroula; et ainsi elle n’était pas nue. Elle loua un âne pour un peu d’argent, puis suspendit son filet à 1a queue de l’âne pour se faire tirer ainsi; donc elle n’était pas à cheval, ni non plus en voiture. Ensuite, elle fit cheminer l’âne dans l’ornière, de telle manière qu’elle ne touchait le sol que du bout de l’orteil; et ainsi elle n’allait ni par la route, ni hors de la route. Lorsqu’elle fut arrivée de cette manière, le roi déclara qu’elle avait résolu l’énigme et qu’il n’avait qu’une parole. Il libéra son père de la prison et fit d’elle la reine en l’épousant; et il laissa entre ses mains tout le bien du royaume. Des a
– C’est possible, lui dit-elle, à la condition que tu ne ni trahisses point, et je vais te dire comment il faut faire. Demain matin de bo