Страница 9 из 22
Je n’ai pas besoin de vous dire, messieurs, combien je suis peiné de l’impudence de ce coquin. Dans le siècle de scepticisme où nous vivons, les gens qui ne me co
CHAPITRE VII Deuxième aventure de mer.
En l’a
Dans notre traversée, il ne nous arriva rien d’extraordinaire. Le premier incident eut lieu à environ trois cents milles du fleuve Saint-Laurent: notre vaisseau heurta avec une violence extrême contre quelque chose qui nous sembla être un rocher.
Cependant, quand nous jetâmes la sonde, nous ne trouvâmes pas le fond à cinq cents brasses. Ce qui rendait cet incident encore plus extraordinaire et plus incompréhensible, c’est que nous avions du coup perdu notre gouvernail; notre beaupré était cassé en deux, tous nos mâts s’étaient fendus dans la longueur, et deux s’étaient abattus sur le pont. Un pauvre diable de matelot, qui était occupé dans les agrès à serrer la grand-voile, fut enlevé à plus de trois lieues du vaisseau avant de tomber à l’eau. Heureusement, pendant ce trajet, il eut la présence d’esprit de saisir au vol la queue d’une grue, ce qui non seulement diminua la rapidité de sa chute, mais encore lui permit de nager jusqu’au vaisseau en se prenant au cou de la bête.
Le choc avait été si violent que tout l’équipage, qui se trouvait sur le pont, fut lancé contre le tillac. J’en eus, du coup, la tête renfoncée dans les épaules, et il fallut plusieurs mois avant qu’elle reprît sa position naturelle. Nous nous trouvions tous dans un état de stupéfaction et de trouble difficile à décrire, lorsque l’apparition d’une énorme baleine qui sommeillait sur la surface de l’océan vint nous do
Dieu sait où nous serions allés, si par bonheur le câble de notre ancre ne se fût rompu, de sorte que la baleine perdit notre vaisseau, et que nous, nous perdîmes notre ancre. Lorsque, plusieurs mois après, nous revînmes en Europe, nous retrouvâmes la même baleine presque à la même place: elle flottait morte, sur l’eau, et mesurait près d’un demi-mille de long. Nous ne pouvions prendre à bord qu’une petite partie de cette formidable bête: nous mîmes donc nos canots à la mer, et nous détachâmes à grand-peine la tête de la baleine: nous eûmes la satisfaction d’y retrouver non seulement notre ancre, mais encore quarante toises de câble qui s’étaient logées dans une dent creuse, placée à la gauche de sa mâchoire inférieure.
Ce fut l’unique événement intéressant qui marqua notre retour. Mais non! j’en oubliais un qui faillit nous être fatal à tous. Lorsque, à notre premier voyage, nous fûmes entraînés par la baleine, notre vaisseau prit une voie d’eau si large que toutes nos pompes n’eussent pu nous empêcher de couler bas en une demi-heure. Heureusement j’avais été le premier à m’apercevoir de l’accident: le trou mesurait au moins un pied de diamètre. J’essayai de le boucher par tous les moyens co
CHAPITRE VIII Troisième aventure de mer.
Un jour, je fus en grand danger de périr dans la Méditerranée. Je me baignais par une belle après-midi d’été non loin de Marseille, lorsque je vis un grand poisson s’avancer vers moi, à toute vitesse, la gueule ouverte. Impossible de me sauver, je n’en avais ni le temps ni les moyens. Sans hésiter, je me fis aussi petit que possible; je me peloto
Je ne pourrais vous décrire la stupéfaction qui se peignit sur tous les visages lorsqu’ils entendirent une voix humaine sortir des entrailles du poisson; leur éto