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Maintenant, messieurs, vous me permettrez de ne pas vous expliquer plus clairement ce que j’ai de commun avec cette histoire d’huîtres: je pense que vous m’avez suffisamment compris pour être fixé sur ma naissance.
CHAPITRE XIII Le baron reprend son récit.
Comme on peut bien le penser, les amis du baron ne cessaient de le supplier de continuer le récit aussi instructif qu’intéressant de ses singulières aventures; mais ces prières restèrent longtemps inutiles. Le baron avait la louable habitude de ne rien faire qu’à sa fantaisie, et l’habitude plus louable encore de ne se détourner sous aucun prétexte de ce principe bien arrêté. Enfin le soir tant désiré arriva, et un gros rire du baron a
«Conticuere omnes, intentique ora tenebant»;
ou, pour parler plus clairement, tout le monde se tut et tendit une oreille attentive. Semblable à Énée, Münchhausen, se soulevant sur le sofa bien rembourré, commença ainsi:
Pendant le dernier siège de Gibraltar, je m’embarquai sur une flotte commandée par Lord Rodney et destinée à ravitailler cette forteresse; je voulais rendre visite à mon vieil ami, le général Elliot, qui gagna à la défense de cette place des lauriers que le temps ne pourra flétrir. Après avoir do
Avec sa permission, je me fis apporter une pièce de quarante-huit prises à la batterie voisine, et je la pointai si juste – car pour ce qui est de l’artillerie, je puis dire sans me vanter que je n’ai pas encore trouvé mon maître -, que j’étais sûr d’atteindre mon but.
J’observai alors avec la plus grande attention les mouvements des cano
Ce ne fut pas là le seul service que nous rendit notre boulet: il ne se contenta pas de refouler de la façon que je viens de raconter celui de l’e
Ce fut sans contredit un fait extraordinaire. Je ne veux cependant pas me l’attribuer à moi seul: il est vrai que l’ho
Le général Elliot, pour me récompenser de ce service signalé, m’offrit un brevet d’officier que je refusai, me contentant des remerciements qu’il me fit le soir même à dîner, en présence de tout son état-major.
Comme je suis fort porté pour les Anglais, qui sont un peuple vraiment brave, je me mis dans la tête de ne pas quitter cette forteresse sans avoir rendu un nouveau service à ceux qui la défendaient; trois semaines après l’affaire du canon de quarante-huit, il se présenta enfin une bo
Je me déguisai en prêtre catholique, sortis de la forteresse vers une heure du matin, et réussis à pénétrer dans le camp de l’e
Cette opération terminée, je transportai tous les affûts et tous les caissons au milieu du camp, et, de peur que le roulement des roues ne réveillât les gens, je les pris deux à deux sous les bras. Cela faisait un beau tas, aussi élevé pour le moins que les rochers de Gibraltar. Je saisis alors un fragment d’une pièce de fer de quarante-huit, et me procurai du feu en le frappant contre un pan de mur, reste d’une construction mauresque, et qui était enterré de vingt pieds au moins: j’allumai une mèche et mis le feu au tas. J’oubliais de vous dire que j’avais jeté sur le sommet toutes les munitions de guerre.
Comme j’avais soin de placer dans le bas les matières les plus combustibles, la flamme s’élança bientôt haute et éclatante. Pour écarter de moi tout soupçon, je fus le premier à do