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Soudain, Mme Martinet se leva et s’exclama:
– Il ne va pas lui faire de mal, surtout?
– Qui? demanda Joe.
– Mais son père! Mon Dieu, s’il allait lui faire du mal, à M. Pold!
Joe eut un bon sourire.
– Il l’aime trop, madame Martinet! fit-il.
La pauvre femme se tampo
Le père Jules avait donc suivi Lawrence. Le père Jules savait que Lawrence viendrait ce soir-là au bois de Misère, non point parce que celui-ci le lui avait dit, mais parce qu’Arnoldson le lui avait appris en lui dictant ses dernières instructions.
Arnoldson, lui, était absolument certain de l’arrivée de Lawrence. Il avait fait le nécessaire pour cela. Il l’avait appelé lui-même en lui envoyant une lettre fort impérative dans laquelle il lui disait qu’un entretien entre eux deux s’imposait relativement aux affaires qu’ils avaient en cours. Arnoldson affirmait que s’il ne le voyait point, le soir même, aux Pavots, où il l’attendait, il y allait pour lui, Lawrence, de sommes considérables.
Cette lettre fut remise à Lawrence, à Paris, par un homme à la dévotion d’Arnoldson et dans des conditions telles qu’il ne pouvait prendre que le train qui le descendait à Esbly à l’heure fixée par l’Homme de la nuit pour la réussite de sa combinaison.
Une voiture avait conduit Lawrence d’Esbly jusqu’au bas de la montée du bois de Misère. Pendant ce trajet, il était plongé dans des réflexions tellement profondes, qu’il ne vit point un cycliste qui le croisait avec la rapidité de l’éclair. C’était Pold, lequel, lui, reco
Mais le cocher, qui était un cocher d’une voiture de louage, avait vu Pold. Et, comme il co
– Mais, monsieur, c’est-i pas vot’fils qui s’trotte là-bas à bicyclette?
Lawrence regarda et dit:
– C’est lui, en effet!
Pold était déjà fort loin; il ne l’appela pas.
– Il s’amuse, dit-il. Une petite promenade… Il va sans doute rejoindre des amis.
Et Lawrence se replongea dans le mutisme le plus complet.
Avant d’aller aux Pavots, il lui parut impossible de ne point faire tout d’abord une courte visite aux Volubilis, où il irait saluer sa femme et constater par lui-même que la santé d’Adrie
Il franchit donc la grille des Volubilis. Le père Jules le suivait toujours.
Lawrence entra dans la villa, et le père Jules dans sa loge.
XIII RUPTURE
Adrie
Décidée à ne plus voir perso
Mais elle revenait toujours aux lettres et en relisait quelques passages. Alors, elle oubliait la scélératesse d’Arnoldson pour ne plus songer qu’à la vilenie de l’autre, et sa haine pour le premier faisait bientôt place à la rage qui grandissait en elle contre le second.
Elle resta ainsi de longues heures. Elle entendit frapper vers la fin de l’après-midi.
– Qui est là? demanda-t-elle.
La porte s’ouvrit en silence. Une ombre restait sur le seuil. Adrie
– Toi? Toi ici?
Lawrence s’avança, avec un sourire contraint, jusqu’au milieu de la chambre.
– Mais oui, fit-il, c’est moi! Qu’y a-t-il donc de si éto
– Tu t’y es pris tard! dit Adrie
– Mon Dieu! tu m’en veux à cause de cela, Adrie
Il leva les yeux sur sa femme et la regarda bien en face, chose qu’il n’avait pas osé faire jusqu’alors.
Adrie
Elle reprit un peu de calme.
– Vous mentez! dit-elle.
Lawrence, alors, s’aperçut du trouble étrange qui semblait s’être emparé de sa femme.
Et il perdit tout de suite de sa belle assurance, car il sentit bien qu’il avait quelque chose à redouter.
Mais quoi?
… Est-ce que… par hasard… elle savait?… Est-ce qu’elle se doutait? Pourquoi l’accusait-elle de mensonge?
– Moi? Je mens? fit-il… Mais, ma pauvre Adrie
Adrie
– Vous ne comprenez pas, monsieur, mais vous allez comprendre…
Son geste lui indiqua, sur un meuble, les lettres éparses.
– Lisez! fit-elle.
Lawrence se précipita et jeta un rapide coup d’œil sur les lettres. Il les reco
Il se retourna, hagard.
Mais Adrie
– Tu comprends maintenant? Misérable menteur et misérable lâche que tu es!
Elle eut un rire affreux:
– Ah! tu étais occupé! Tout ton temps, ton précieux temps était pris à Paris! Tu n’avais pas une minute à perdre avec ta femme! Il te fallait tes journées et tes nuits pour ta maîtresse… ces journées et ces nuits que tu n’as point passées dans ses bras, car elle t’a repoussé, car elle s’est jouée de toi.
«Je les ai lues, tes lettres! Toutes! Elles m’on fait assister à des jolies choses et m’ont fait découvrir en toi un joli monsieur!»
Elle rit encore atrocement: