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Et sa tête retombe. Frédéric Larsan! Frédéric Larsan! Lui partout et nulle part! Toujours lui, nulle part! Voilà encore sa marque! Un cadavre et perso

«On dirait, fit-il, que c’est le même coup de couteau! C’est la même mesure! Mais où est le couteau?»

Et nous cherchons le couteau partout sans le trouver. L’homme qui a frappé l’aura emporté. Où est l’homme? Quel homme? Si nous ne savons rien, Bernier, lui, a su avant de mourir et il est peut-être mort de ce qu’il a su!… Frédéric Larsan! Nous répétons en tremblant les deux mots du mort.

Tout à coup, sur le seuil de la poterne, nous voyons apparaître le prince Galitch, un journal à la main. Le prince Galitch vient à nous en lisant le journal. Il a un air goguenard. Mais Mrs. Edith court à lui, lui arrache le journal des mains, lui montre le cadavre et lui dit:

«Voilà un homme que l’on vient d’assassiner. Allez chercher la police.»

Le prince Galitch regarde le cadavre, nous regarde, ne prononce pas un mot, et s’éloigne en hâte; il va chercher la police. La mère Bernier continue à pousser des gémissements. Rouletabille s’assied sur le puits. Il paraît avoir perdu toutes ses forces. Il dit à mi-voix à Mrs. Edith:

«Que la police vie

Mais Mrs. Edith le foudroie d’un éclair de ses yeux noirs. Et je sais ce qu’elle pense. Elle pense qu’elle hait Rouletabille qui a pu un instant la faire douter du vieux Bob. Pendant qu’on assassinait Bernier, est-ce que le vieux Bob n’était pas dans sa chambre, veillé par la mère Bernier elle-même?

Rouletabille, qui vient d’examiner avec lassitude la fermeture du puits, fermeture restée intacte, s’allonge sur la margelle de ce puits, comme sur un lit où il voudrait enfin goûter quelque repos et il dit encore, plus bas:

«Et qu’est-ce que vous lui direz, à la police?

– Tout!»

Mrs. Edith a prononcé ce mot-là, les dents serrées, rageusement. Rouletabille secoue la tête désespérément, et puis il ferme les yeux. Il me paraît écrasé, vaincu. M. Robert Darzac vient toucher Rouletabille à l’épaule. M. Robert Darzac veut fouiller la Tour Carrée, la Tour du Téméraire, le Château Neuf, toutes les dépendances de cette cour dont perso

«Ça n’est pas possible, s’écria-t-il, ou il n’y a plus de bon bout de la raison!»

Et il se jette par terre, et le revoilà à quatre pattes, le nez sur le sol, flairant chaque caillou, tournant autour du cadavre et de la mère Bernier qu’on a tenté en vain d’éloigner du corps de son mari, tournant autour du puits, autour de chacun de nous. Ah! c’est le cas de le dire: le revoilà tel qu’un porc cherchant sa nourriture dans la fange, et nous sommes restés à le regarder curieusement, bêtement, sinistrement. À un moment, il s’est relevé, a pris un peu de poussière et l’a jetée en l’air avec un cri de triomphe comme s’il allait faire naître de cette cendre l’image introuvable de Larsan. Quelle victoire nouvelle le jeune homme vient-il de remporter sur le mystère?… Qui lui fait, à l’instant, le regard si assuré? Qui lui a rendu le son de sa voix? Oui, le voilà revenu à l’ordinaire diapason quand il dit à M. Robert Darzac:

«Rassurez-vous, monsieur, rien n’est changé!»

Et, tourné vers Mrs. Edith:

«Nous n’avons plus, madame, qu’à attendre la police. J’espère qu’elle ne tardera pas!»

La malheureuse tressaille. Cet enfant, de nouveau, lui fait peur.

«Ah! oui, qu’elle vie

Et soudain, sous la poterne, nous voyons arriver le père Jacques, suivi de trois gendarmes. C’est le brigadier de La Mortola et deux de ses hommes qui, avertis par le prince Galitch, accourent sur le lieu du crime.

«Les gendarmes! les gendarmes! ils disent qu’il y a eu un crime! s’exclame le père Jacques qui ne sait rien encore.

– Du calme, père Jacques!» lui crie Rouletabille, et, quand le portier, essoufflé, se trouve auprès du reporter, celui-ci lui dit à voix basse:

«Rien n’est changé, père Jacques.»

Mais le père Jacques a vu le cadavre de Bernier.

«Rien qu’un cadavre de plus, soupire-t-il; c’est Larsan!

– C’est la fatalité», réplique Rouletabille. Larsan, la fatalité, c’est tout un. Mais que signifie ce rien n’est changé de Rouletabille, sinon que, autour de nous, malgré le cadavre incidentel de Bernier, tout continue de ce que nous redoutons, de ce dont nous frisso

Les gendarmes sont affairés et baragouinent autour du corps un jargon incompréhensible. Le brigadier nous a