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Soudain, quelques semaines avant les événements qui nous occupent, un bruit auquel on n’attacha pas d’abord d’importance – tant on le trouvait incroyable – se répandit dans Paris; Mlle Stangerson consentait enfin à «couro
Le monde scientifique n’avait pas encore eu le temps de se remettre de cette nouvelle que l’on apprenait l’assassinat de Mlle Stangerson dans les conditions fantastiques que nous avons énumérées et que notre visite au château va nous permettre de préciser davantage encore.
Je n’ai point hésité à fournir au lecteur tous ces détails rétrospectifs que je co
V Où Joseph Rouletabille adresse à M. Robert Darzac une phrase qui produit son petit effet
Nous marchions depuis quelques minutes, Rouletabille et moi, le long d’un mur qui bordait la vaste propriété de M. Stangerson, et nous apercevions déjà la grille d’entrée, quand notre attention fut attirée par un perso
«Chut! Frédéric Larsan qui travaille!… Ne le dérangeons pas!
Joseph Rouletabille avait une grande admiration pour le célèbre policier. Je n’avais jamais vu, moi, Frédéric Larsan, mais je le co
L’affaire des lingots d’or de l’hôtel de la Mo
Ce qu’il ne cessait de regarder dans le creux de sa main droite n’était autre chose que sa montre et il paraissait fort occupé à compter des minutes. Puis il rebroussa chemin, reprit une fois encore sa course, ne l’arrêta qu’à la grille du parc, reconsulta sa montre, la mit dans sa poche, haussa les épaules d’un geste découragé, poussa la grille, pénétra dans le parc, referma la grille à clef, leva la tête et, à travers les barreaux, nous aperçut. Rouletabille courut et je le suivis. Frédéric Larsan nous attendait.
«Monsieur Fred», dit Rouletabille en se découvrant et en montrant les marques d’un profond respect basé sur la réelle admiration que le jeune reporter avait pour le célèbre policier, «pourriez-vous nous dire si M. Robert Darzac est au château en ce moment? Voici un de ses amis, du barreau de Paris, qui désirerait lui parler.
– Je n’en sais rien, monsieur Rouletabille, répliqua Fred en serrant la main de mon ami, car il avait eu l’occasion de le rencontrer plusieurs fois au cours de ses enquêtes les plus difficiles… Je ne l’ai pas vu.
– Les concierges nous renseigneront sans doute? fit Rouletabille en désignant une maiso
«Les concierges ne vous renseigneront point, monsieur Rouletabille.
– Et pourquoi donc?
– Parce que, depuis une demi-heure, ils sont arrêtés!…
– Arrêtés! s’écria Rouletabille… Ce sont eux les assassins!…
Frédéric Larsan haussa les épaules.
«Quand on ne peut pas, dit-il, d’un air de suprême ironie, arrêter l’assassin, on peut toujours se payer le luxe de découvrir les complices!
– C’est vous qui les avez fait arrêter, monsieur Fred?
– Ah! non! par exemple! je ne les ai pas fait arrêter, d’abord parce que je suis à peu près sûr qu’ils ne sont pour rien dans l’affaire, et puis parce que…
– Parce que quoi? interrogea anxieusement Rouletabille.
– Parce que… rien… fit Larsan en secouant la tête.
– «Parce qu’il n’y a pas de complices!» souffla Rouletabille.
Frédéric Larsan s’arrêta net, regardant le reporter avec intérêt.
«Ah! Ah! Vous avez donc une idée sur l’affaire… Pourtant vous n’avez rien vu, jeune homme… vous n’avez pas encore pénétré ici…
– J’y pénétrerai.
– J’en doute… la consigne est formelle.
– J’y pénétrerai si vous me faites voir M. Robert Darzac… Faites cela pour moi… Vous savez que nous sommes de vieux amis… Monsieur Fred… je vous en prie… Rappelez-vous le bel article que je vous ai fait à propos des «Lingots d’or». Un petit mot à M. Robert Darzac, s’il vous plaît?»
La figure de Rouletabille était vraiment comique à voir en ce moment. Elle reflétait un désir si irrésistible de franchir ce seuil au-delà duquel il se passait quelque prodigieux mystère; elle suppliait avec une telle éloquence non seulement de la bouche et des yeux, mais encore de tous les traits, que je ne pus m’empêcher d’éclater de rire. Frédéric Larsan, pas plus que moi, ne garda son sérieux.
Cependant, derrière la grille, Frédéric Larsan remettait tranquillement la clef dans sa poche. Je l’examinai.