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» Lorsque, ayant atteint ma dix-septième a
» Peut-être aurais-je passé outre à la volonté paternelle, mais je ne pus résister aux larmes de ma mère, qui m’adjura si tendrement de renoncer à mon projet, que je lui cédai et que je restai au pays, me contentant de guerroyer contre les chevreuils, les cerfs, les sangliers et les loups.
» Je vécus ainsi, non dans la joie, mais sans e
– Voici le roman qui commence, souligna l’Italien.
Castel-Rajac, qui avait profité de cette interruption pour vider un nouveau verre de vin, reprenait:
– En effet! Et quel roman! Le cocher et les laquais de ma belle inco
» – Faites de moi ce que vous voudrez, mais laissez-moi la vie!
» – Madame, répondis-je à l’adorable créature, que sa frayeur rendait encore plus aguichante, croyez que je n’ai nullement l’intention d’abréger vos jours; je ne demande, au contraire, qu’à vous servir. Je suis le chevalier de Castel-Rajac; je dépose à vos pieds l’hommage de mon respect et de mon dévouement le plus absolu.
» La voyageuse, visiblement rassurée par ces paroles, répliqua:
» – Monsieur, je vous sais gré de votre attitude si courageuse. Je tiens donc à vous en exprimer tout de suite ma reco
» Je ne pouvais qu’acquiescer à une telle requête.
» Je ne vous cacherai pas, mon cher comte, que j’étais déjà follement amoureux de mon exquise inco
» Je réveillai les tenanciers que je co
» Je l’aidai à descendre de carrosse. Lorsqu’elle posa sa main sur mon poignet, je sentis comme un frisson me parcourir. Alors, elle me regarda. J’en fus comme étourdi, grisé, car il venait d’allumer en moi un incendie aussi subit que dévorant et, dans un geste spontané et respectueux, je lui saisis la taille et l’attirai vers moi.
» À peine avais-je esquissé ce mouvement que je le regrettai: car j’étais persuadé que j’allais être repoussé; mais il n’en fut rien… Elle me sourit, au contraire. Ah! mordious! ce sourire… Il acheva de m’affoler à un tel point que ma bouche s’approcha de la sie
» Je dois dire, d’ailleurs, mon cher comte, quitte à passer pour un fat, que la charmante femme ne fit rien pour éviter ce baiser.
» Une minute après, je pénétrai avec elle dans l’hostellerie, et au moment où elle mettait le pied sur la première marche de l’escalier qui conduisait à sa chambre, elle se tourna vers moi et me dit à voix basse:
» – Allez m’attendre sous ma fenêtre, allez!
» Je crus que je rêvais. Il n’en était rien car, ayant obéi et m’étant rendu devant l’hostellerie, je n’attendis pas plus de cinq minutes pour voir, à la hauteur du premier étage, au-dessus d’une porte encadrée de pilastres, une baie vitrée s’ouvrir lentement et laisser apparaître, dans un rayon de lune, la tête blonde de mon inco
» Elle se livra à une pantomime qui signifiait clairement: «Tâchez de venir me rejoindre sans que perso
» Mes prévisions se réalisèrent bien au-delà de mes espérances!
» Quelle était cette femme, me demandez-vous, n’est-ce pas? Je ne saurais vous le dire, car non seulement elle refusa de me révéler son nom, mais elle me fit jurer de ne pas interroger ses serviteurs à ce sujet et de respecter son incognito.
» Nous dûmes nous séparer quand le soleil se leva. Je repartis par le même chemin et je rentrai chez moi, ravi de cette aventure à laquelle, cependant, je n’attachais pas une excessive importance. Mais je ne tardai pas à m’apercevoir qu’elle avait pris une place tellement importante dans ma vie, qu’elle allait la bouleverser de fond en comble.
» En effet, mon entrevue avec la mystérieuse femme avait laissé en moi une empreinte telle que, désormais, je ne rêvais plus qu’à elle, si bien que je tombai dans un état d’e
L’Italien, qui semblait de plus en plus intéressé par l’histoire que le jeune Gascon narrait avec son impétuosité habituelle, demanda:
– Sans doute avez-vous cherché à retrouver la trace de votre belle inco
– Parbleu! Si je lui avais promis sur l’ho