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– Après tout, non, car mon intention était bien, mes chers amis, de vous mettre au courant de l’aventure qui m’arrive. J’ai en effet ramené de voyage une fort jolie femme et un délicieux poupon, mais si je suis le père de cet enfant, la dame n’en est que la marraine… car, la vraie maman…

Gaëtan s’arrêta, comme pour do

– Au nom de l’ho

– Nous serons discrets, affirma le colossal Hector.

– Nous nous tairons, enchaîna le très aimable Henri.

Castel-Rajac reprit:

– J’ai un autre service à vous demander.

– Lequel? firent ensemble les deux amis.

– Tout à l’heure, je vais faire baptiser mon fils. Je ne puis pas vous demander à l’un ou à l’autre d’être son parrain, mais je vous prie de bien vouloir signer sur le livre de baptême.

– Très volontiers, acceptèrent les deux gentilshommes.

– Alors, rendez-vous à l’église à quatre heures précises.

– Nous y serons.

Ils échangèrent de nouvelles poignées de main et, tandis qu’Hector réclamait un nouveau pichet, Gaëtan rejoignit Mme de Chevreuse et Mazarin, qui avaient eu tout le loisir de s’entretenir d’une façon plus directe des événements qui venaient de se dérouler et de ceux dont ils attendaient la venue, non sans inquiétude.

La figure réjouie de Castel-Rajac les réconforta un peu.

– Tout va bien, a

Et, se tournant vers Mazarin, il ajouta:

– Il est toujours bien entendu, mon cher comte, que vous lui servez de parrain?

– Mais certainement.

Avec un éclair de joie dans le regard, le Gascon demanda:

– Cela ne vous contrarie pas trop que je me fasse passer pour le papa du petit?

– Non, répliqua l’amant d’A

– Je m’en porte garant, affirma la duchesse.

– Je vous quitte pour aller prendre toutes mes dispositions, déclara Castel-Rajac.

Sans doute ménageait-il à ses adversaires futurs un nouveau tour de sa façon, car ses yeux pétillaient de malice.

* *

Ainsi que l’avait a

Dans le pays, le bruit s’était répandu que le chevalier Castel-Rajac allait faire baptiser son fils.

Cette nouvelle avait provoqué dans tout le village un mouvement de curiosité qui avait précipité vers l’église toutes les commères du pays.

Lorsque le cortège pénétra sous la voûte, tous les bancs étaient occupés. Précédée du bedeau, Mme de Chevreuse, qui portait elle-même sur un coussin enveloppé dans des flots de dentelles le précieux nourrisson, s’avançait, ayant à ses côtés le comte Capeloni ou plutôt M. de Mazarin.

Derrière eux, suivait le chevalier, plus vibrant que jamais et semblant défier à la fois du regard et du sourire tous ceux qui se seraient permis de blâmer sa conduite.

Il était escorté d’Hector d’Assignac, imposant et sole

Après s’être agenouillés devant le maître-autel et avoir été bénis par le curé qui, assisté de deux enfants de chœur, s’était avancé vers eux, ils gagnèrent la chapelle latérale où se trouvaient les fonts baptismaux.

La cérémonie s’accomplit suivant le rite habituel, puis toujours précédé par le curé, le cortège se rendit à la sacristie; le parrain, la marraine et les deux témoins apposèrent au-dessous de la déclaration de naissance et de baptême, qui était alors le seul acte officiel reco

En arrivant sous le porche, la duchesse de Chevreuse, qui portait toujours l’enfant sur son coussin, pâlit légèrement. Elle venait d’apercevoir, debout sur les marches de l’église, revêtus de leurs manteaux marqués d’une croix blanche, plusieurs gardes du cardinal qui la considéraient d’un air goguenard. Mazarin, qui s’en était aperçu, lui aussi, ne broncha pas et murmura à l’oreille de la duchesse:

– Ils sont arrivés, mais trop tard; maintenant, nous n’avons plus rien à craindre.

– Qu’en savez-vous? soupira Marie de Rohan.

– J’ai confiance en votre chevalier!

Quant à Castel-Rajac, il s’était contenté de toiser les gardes de Richelieu. Quand il passa près d’eux, il se retourna pour dire à haute voix à ses amis d’Assignac et de Laparède:

– Ah ça! que vie

Un des gardes, fort gaillard, à la figure farouche et à l’aspect peu engageant, allait répliquer au Gascon, mais un de ses compagnons lui posa la main sur l’épaule.

Gaëtan se retournant pour dévisager encore une fois ceux qu’il considérait comme ses e

– Ce n’est pas le moment de provoquer un esclandre. Nous avons l’ordre d’agir promptement et sans tapage. Son Éminence ne nous pardo

Au même moment, deux hommes sortaient d’un des bas-côtés de l’église, dans l’ombre duquel ils s’étaient dissimulés. L’un, vêtu de velours noir, sur lequel tranchait la blancheur d’un col en toile blanche, n’était autre que M. de Durbec. L’autre portait l’uniforme du capitaine des gardes du cardinal. Il s’appelait le baron de Savières.

Le chevalier de Durbec fit:

– Tout est bien convenu. Vous avez bien saisi les instructions du cardinal?

Le capitaine résuma:

– Il s’agit, d’abord, de nous emparer de l’enfant, puis d’emmener la duchesse au château de Montgiron où il faudra qu’elle s’explique sur son rôle dans cette affaire.

– Très bien, approuva Durbec. Je vous recommande, encore une fois, la prudence. Les gardes du corps dont elle est entourée ne sont pas nombreux, mais ils sont de taille à nous mener la vie dure. N’oubliez pas non plus que le cardinal tient essentiellement, et pour des raisons co