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Jean frémit; allait-il donc faire sa confession, raconter cette lamentable histoire des faux? Mais le Provençal tout à sa tendresse pour Divo
– Tenez, ma nièce, vous qui êtes femme, vous devez vous y co
Il lui tendait un portrait-carte, tiré de son portefeuille, et qui ne le quittait jamais.
À l’accent filial de Jean quand il parlait de sa tante, aux conseils maternels de la paysa
– Très belle en effet… dit-elle en pinçant les lèvres, d’une intonation singulière.
– Et une charpente! fit l’oncle qui tenait à son image.
Puis on passa sur le balcon. Après une journée chaude dont le zinc de la véranda brûlait encore, il tombait, d’un nuage perdu, une fine pluie d’arrosage qui rafraîchissait l’air, tintait gaiement sur les toits, éclaboussait les trottoirs. Paris riait sous cette ondée, et le train de la foule, des voitures, toute cette rumeur montante grisait le provincial, remuait dans sa tête vide et mobile comme un grelot, des rappels de jeunesse, et d’un séjour de trois mois qu’il avait fait, quelque trente ans auparavant, chez son ami Courbebaisse.
Quelle noce, mes enfants, quelles bordées!… Et leur entrée au Prado une nuit de mi-carême, Courbebaisse en chicard, et sa maîtresse, la Mornas, en marchande de chansons, un déguisement qui lui avait porté chance puisqu’elle était devenue une célébrité de café-concert. Lui-même, l’oncle, remorquait un petit chiffon du quartier que l’on appelait Pellicule… Et tout ragaillardi, il riait de la bouche jusqu’aux tempes, fredo
– Tu sais, prends garde à toi!…
Dès qu’il fut parti, Fa
– Dis donc, elle est très jolie, ta tante… ça ne m’éto
Il protestait de toute son indignation… Divo
– Va donc, va donc, reprenait la voix stridente de la femme, des épingles à coiffer entre les dents, tu ne me feras pas croire qu’avec ces yeux-là et la belle charpente dont parlait cet imbécile, sa Divo
Elle le disait avec conviction, croyant son sexe entier facile à tout caprice et vaincu du premier désir. Lui, se défendait, mais troublé, interrogeant ses souvenirs, se demandant si jamais le frôlement d’une i
– Tiens!… regarde… la coiffe de ton pays…
Sur ses beaux cheveux, massés en deux longs bandeaux, elle avait épinglé un fichu blanc qui imitait assez bien la catalane, le béguin à trois pièces des filles de Châteauneuf; et, droite devant lui, dans les plis laiteux de sa batiste de nuit, les yeux brûlants, elle lui demandait:
– Est-ce que je ressemble à Divo
Oh! non, pas du tout; elle ne ressemblait qu’à elle-même sous ce petit bo
– T’e
Et ce souvenir lui fit tant de mal que, sitôt sa maîtresse couchée, il éteignit bien vite, pour ne plus la voir.
Le lendemain de bo
«Et Bouchereau?» observa le neveu, qui ne pouvait manquer son ministère deux jours de suite. Il fut convenu qu’on déjeunerait aux Champs-élysées et que les deux hommes iraient après à la consultation.
Ce n’était pas ce que le Fénat avait rêvé, l’arrivée à Saint Cloud en grande remise, du champagne plein la voiture; mais le repas fut charmant tout de même sur la terrasse du restaurant ombragée d’acacias et de vernis du Japon, que traversaient les flonflons d’une répétition de jour au voisin café-concert. Césaire, très bavard, très galant, mit toutes ses grâces à l’air pour éblouir la Parisie
On eût dit des amis de vingt ans. Le Fénat, devenu sentimental avec les vins de dessert, parlait de Castelet, de Divo
Il se dégrisa chez Bouchereau. Deux heures d’attente au premier étage de la place Vendôme, dans ses grands salons, hauts et froids, encombrés d’une foule silencieuse et angoissée; l’enfer de la douleur dont ils traversèrent successivement tous les cercles, passant de pièce en pièce jusqu’au cabinet de l’illustre savant.
Bouchereau, avec sa mémoire prodigieuse, se souvint très bien de Mme Gaussin, étant venu en consultation à Castelet dix ans auparavant au commencement de la maladie; il s’en fit raconter les différentes phases, relut les ordo