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Les pots cassés, les vieux fers, les papiers, les bris de bouteilles, les meubles hors de service qui ne valent pas la peine d'être vendus, les vieux galons dont les marchands ne veulent pas, tout ce qui ne vaut rien et qu'on garde chez soi par habitude, par négligence, parce qu'on ne sait qu'en faire, tout ce qui gène!…
Pierrotte ne faisait fi de rien, il achetait tout, ou du moins il acceptait tout; car le plus souvent on ne lui vendait pas, on lui do
«Pst! Pst! Anastagille!…» La carriole se remplissait, il fallait voir! Quand elle était bien pleine, Anastagille et Pierrotte s'en allaient à Montmartre déposer la cargaison chez un chiffo
À ce métier singulier, Pierrotte ne fit pas fortune mais il gagna sa vie, et largement. Dès la première a
Depuis leur arrivée à Paris, sa femme lui do
Voilà le roman de Pierrotte, tel que Jacques me le racontait ce soir-là en nous en allant au passage du Saumon; et comme la route était longue – on avait pris le plus long pour montrer aux Parisiens ma jaquette neuve – je co
Il était environ neuf heures quand nous fîmes notre entrée dans l'ancie
«Bonjour, Pierrotte! cria Jacques en se campant devant le comptoir… (J'étais à côté de lui, dans la lumière de la lampe…) Bonjour, Pierrotte!» Pierrotte, qui faisait sa caisse, leva les yeux à la voix de Jacques; puis, en m'apercevant, il poussa un cri, joignant les mains, et resta là, stupide, la bouche ouverte, à me regarder. «Eh bien, fit Jacques d'un air de triomphe, que vous avais-je dit?
– Oh! mon Dieu! mon Dieu! murmura le bon Pierrotte, il me semble que… C'est bien le cas de le dire… Il me semble que je la vois.
– Les yeux surtout, reprit Jacques, regardez les yeux, Pierrotte.
– Et le menton, monsieur Jacques, le menton avec la fossette», répondit Pierrotte, qui pour mieux me voir avait levé l'abat-jour de la lampe.
Moi, je n'y comprenais rien. Ils étaient là tous les deux à me regarder, à cligner de l'œil, à se faire des signes… Tout à coup Pierrotte se leva, sortit du comptoir et vint à moi les bras ouverts:
«Avec votre permission, monsieur Daniel, il faut que je vous embrasse… C'est bien le cas de le dire.
Je vais croire embrasser mademoiselle.» Ce dernier mot m'expliqua tout. À cet âge-là, je ressemblais beaucoup à Mme Eyssette, et pour Pierrotte, qui n'avait pas vu mademoiselle depuis quelque vingt cinq ans, cette ressemblance était encore plus frappante. Le brave homme ne pouvait pas se lasser de me serrer les mains, de m'embrasser, de me regarder en riant avec ses gros yeux pleins de larmes; il se mit ensuite à nous parler de notre mère, des deux mille francs, de sa Roberte, de sa Camille, de son Anastagille, et cela avec tant de longueurs, tant de périodes, que nous serions encore – c'est bien le cas de le dire – debout dans le magasin, à l'écouter, si Jacques ne lui avait pas dit d'un ton d'impatience:
«Et votre caisse, Pierrotte!» Pierrotte s'arrêta net. Il était un peu confus d'avoir tant parlé:
«Vous avez raison, monsieur Jacques, je bavarde… je bavarde… et puis la petite… c'est bien le cas de le dire… la petite me grondera d'être monté si tard.