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Mais Aquilant avait entendu dire à Antioche, par un grand nombre de perso
Il en fait autant à Origile, malgré tout ce qu’elle peut dire pour s’excuser. Aquilant les emmène ainsi par les châteaux et les villages jusqu’à Damas. Il les traînera pendant mille milles et plus, s’il le faut, sans égards pour leurs souffrances et leurs gémissements, jusqu’à ce qu’il ait retrouvé son frère, qui disposera d’eux à sa guise.
Aquilant fait aussi revenir avec lui leurs écuyers et leurs bagages, et ils arrivent tous à Damas. Là, le nom de Griffon retentit par toute la ville. Petits et grands, chacun sait maintenant que c’est lui qui a si bien combattu dans le tournoi, et que la gloire lui en a été ravie par la trahison de son compagnon.
La population tout entière, qui reco
D’autres disaient: «Comme ils sont bien ensemble! tous deux sont de même race et marqués au même coin.» Les uns les couvrent d’imprécations; les autres les suivent en criant: «Qu’on les pende, qu’on les brûle, qu’on les écartèle, qu’on les assomme!» On se bouscule pour les voir, on se presse pour se trouver sur leur passage dans les rues et sur les places. La nouvelle de leur capture est apportée au roi, qui en témoigne plus de plaisir que si on lui eût do
Sans avoir beaucoup d’écuyers qui le précèdent ou qui le suivent, il vient en toute hâte, comme il se trouve, au-devant d’Aquilant qui avait vengé son cher Griffon; il lui fait l’accueil le plus gracieux et le plus honorable, et l’emmène avec lui au palais, après avoir, avec son consentement, fait jeter les deux priso
Puis ils vont ensemble dans l’appartement où Griffon n’avait pas encore pu bouger de son lit, depuis qu’il avait été blessé. Celui-ci rougit en voyant son frère, car il pense bien qu’il a appris sa mésaventure. Aquilant le plaisante un peu à ce sujet, puis on s’occupe de la juste punition à infliger aux deux misérables ainsi providentiellement tombés entre les mains de leurs adversaires.
Aquilant veut, le roi veut qu’ils souffrent mille supplices. Mais Griffon, qui n’ose parler en faveur d’Origile seule, désire qu’on pardo
Le lendemain matin, on le charge de liens qui ne sont ni de fleurs ni de feuillage, et on le fouette par toutes les rues de la ville. Quant à Origile, on la garde priso
Cependant le roi Norandin, qui depuis son erreur funeste, était devenu sage et prudent, ne pouvait se consoler d’avoir outragé un chevalier si digne de récompense et d’ho
Il résolut de lui rendre le prix qui lui avait été si traîtreusement ravi, et cela, en présence de toute la population témoin de l’injure, et avec toute la pompe qu’un roi pouvait déployer en l’ho
Les préparatifs en furent si royalement faits, que la Renommée, sur ses ailes agiles, en porta la nouvelle dans toute la Syrie et jusqu’en Phénicie et en Palestine, où elle vint aux oreilles d’Astolphe, lequel décida, avec le vice-roi de ce dernier pays, que le tournoi n’aurait pas lieu sans eux.
L’histoire do
Ils chevauchaient à petites journées, lentement et sans se presser, afin d’arriver frais et dispos à Damas pour le jour du tournoi, lorsqu’ils rencontrèrent, au croisement de deux routes, un voyageur dont les vêtements et la démarche semblaient indiquer un chevalier. C’était cependant une femme, mais fière et intrépide dans les batailles.
La jouvencelle se nommait Marphise. Sa valeur était telle que, l’épée en main, elle avait plus d’une fois fait couler la sueur du front du redoutable sire de Brava, et du sire de Montauban. Nuit et jour armée, elle allait çà et là, cherchant à travers les monts et les plaines des chevaliers errants à combattre, et à acquérir une gloire immortelle.
En voyant Astolphe et Sanso
Elle se rappelle les prévenances du chevalier, pendant qu’il était avec elle au Cathay; elle l’appelle par son nom, ôte ses gantelets, lève sa visière, et lui tend les bras en lui faisant une grande fête, bien qu’elle soit plus fière que n’importe qui. De son côté, le paladin ne fait pas à la dame un accueil moins respectueux et moins affable.
Ils se demandent mutuellement où ils vont. Astolphe répond le premier; il lui dit qu’il s’en va à Damas, où le roi de Syrie a invité les chevaliers experts aux armes à venir montrer leur vaillance. Marphise, toujours disposée aux belles prouesses: «Je veux – dit-elle – tenter avec vous l’entreprise.»
En somme, Astolphe, ainsi que Sanso
Dès que le soleil levant a répandu partout ses rayons de flamme, la belle dame et les deux guerriers endossent leurs armes, après avoir envoyé à la ville des messagers. Ceux-ci revie
Sans plus de retard, ils vont eux-mêmes à la ville, et, suivant la rue principale, ils parvie