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Mais, quoique vous ayez sans doute maintenant à peu près deviné mon secret, laissez-moi suivre la marche des événements sans l’intervertir…

Le couvent de Sainte-Hermangilde, dont ma tante est abbesse, est à peine éloigné d’un demi-quart de lieue de Gerolstein, car les jardins de l’abbaye touchent aux faubourgs de la ville; une charmante maison, complètement isolée du cloître, avait été mise à ma disposition par ma tante, qui m’aime, vous le savez, avec une tendresse maternelle.

Le jour de mon arrivée, elle m’apprit qu’il y avait le lendemain réception sole

Les uns blâmaient le prince de n’avoir pas recherché encore cette fois une alliance souveraine (la grande-duchesse dont le prince était veuf appartenait à la maison de Bavière), d’autres, au contraire, et ma tante était du nombre, le félicitaient d’avoir préféré à des vues d’ambitieuses convenances une jeune et aimable femme qu’il adorait et qui appartenait à la plus haute noblesse de France. Vous savez d’ailleurs, mon ami, que ma tante a toujours eu pour le grand-duc Rodolphe l’attachement le plus profond; mieux que perso

– Mon cher enfant, me dit-elle, à propos de cette réception sole

– De qui voulez-vous parler, ma bo

– De la princesse Amélie…

– La fille du grand-duc? En effet, lord Dudley nous en avait parlé à Vie

– À mon âge, avec mon caractère et dans ma position, reprit ma tante, on s’exalte assez peu; aussi vous croirez à l’impartialité de mon jugement, mon cher enfant! Eh bien! je vous dis, moi, que de ma vie je n’ai rien co

– Il est vrai, ma tante, son ironie est terrible, peu de perso

– L’autre jour elle vint ici après avoir visité la maison d’asile placée sous la surveillance de la jeune princesse. Savez-vous une chose? me dit cette redoutable archiduchesse avec sa brusque franchise; j’ai l’esprit singulièrement tourné à la satire, n’est-ce pas? Eh bien! si je vivais longtemps avec la fille du grand-duc, je deviendrais, j’en suis sûre, inoffensive… tant sa bonté est pénétrante et contagieuse.

– Mais c’est donc une enchanteresse que ma cousine? dis-je à ma tante en souriant.

– Son plus puissant attrait, à mes yeux du moins, reprit ma tante, est ce mélange de douceur, de modestie et de dignité dont je vous ai parlé, et qui do

– Certes, ma tante, la modestie est une rare qualité chez une princesse si jeune, si belle et si heureuse.

– Songez encore, mon cher enfant, qu’il est d’autant mieux à la princesse Amélie de jouir sans ostentation vaniteuse de la haute position qui lui est incontestablement acquise, que son élévation est récente [34].

– Et dans son entretien avec vous, ma tante, la princesse a-t-elle fait quelque allusion à sa fortune passée?

– Non; mais lorsque, malgré mon grand âge, je lui parlai avec le respect qui lui est dû, puisque Son Altesse est la fille de notre souverain, son trouble ingénu, mêlé de reco

– Il faut, en effet, dis-je à ma tante, un tact exquis pour observer ces nuances si délicates.

– Aussi, mon cher enfant, plus j’ai vu la princesse Amélie, plus je me suis félicitée de ma première impression. Depuis qu’elle est ici, ce qu’elle a fait de bo

– Mais c’est un ange que la princesse Amélie, dis-je à ma tante.

– Un ange, oui, un ange, reprit-elle, car vous ne pouvez vous imaginer avec quelle attendrissante bonté elle traite ses protégées, de quelle pieuse sollicitude elle les entoure. Jamais je n’ai vu ménager avec plus de délicatesse la susceptibilité du malheur; on dirait qu’une irrésistible sympathie attire surtout la princesse vers cette classe de pauvres abando

À ces derniers mots de ma tante, je vous l’avoue, Maximilien, une larme me vint aux yeux. Ne trouvez-vous pas en effet belle et sainte la conduite de cette jeune princesse? Vous co

– Puisque la princesse, lui dis-je, est si merveilleusement douée, j’éprouverai un grand trouble lorsque demain je lui serai présenté; vous co

– Allons, allons, me dit ma tante en souriant, elle aura pitié de vous, mon cher enfant, d’autant plus que vous ne serez pas pour elle une nouvelle co